Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

Jules Hoffmann

Jules Hoffmann, né le 2 août 1941 à Echternach au Grand-Duché de Luxembourg, est un biologiste français d'origine luxembourgeoise.

 

Il est membre de l'Académie des sciences depuis 1992, et en fut le président en 2007-2008, et de l'Académie française depuis 2012. Il est prix Nobel de physiologie et médecine en 2011. Depuis 2012, il est titulaire de chaire de Biologie Intégrative à l'Institut d'Etudes Avancées de l'Université de Strasbourg (USIAS).


Enfance et études

Jules Alphonse Nicolas Hoffmann est né en pleine guerre et grandit avec son frère Jean-Paul dans la petite ville d’Echternach. Son père, Jos, est issu d’une famille de modestes fermiers de la campagne luxembourgeoise, sa mère est une fille de boucher d’Echternach.

C’est avec son père, lui-même entomologiste et professeur de sciences naturelles dans un lycée, que Jules Hoffmann découvre l’univers des insectes. Il effectue ses études supérieures à l'université de Strasbourg où il décroche un doctorat en biologie expérimentale et poursuit des recherches au laboratoire de l’Institut de zoologie auprès de Pierre Joly qui dirige un groupe de recherche sur la régulation endocrine du développement et de la reproduction des criquets migrateurs et qui encadrera sa thèse de science. C'est durant cette période qu'il rencontre sa future femme, Danièle Hirtzel, alors technicienne du laboratoire.

 

Premiers postes

Après avoir été assistant délégué à la Faculté des sciences de Strasbourg en 1963, Jules Hoffmann entre au CNRS en 1964. Il y fera toute sa carrière. Jules Hoffmann a créé et dirigé le laboratoire CNRS « Réponse immunitaire et développement chez les insectes » installé à l'Institut de biologie moléculaire et cellulaire du CNRS à Strasbourg.

En 1970, Jules Hoffmann prend la nationalité française. « Une carrière de chercheur était inimaginable à l'époque en restant au Luxembourg. J'ai donc décidé de demander la nationalité française, condition indispensable pour accéder à un poste d'universitaire dans ces années-là. Une démarche qui m'a coûté ma nationalité luxembourgeoise, mais grâce à laquelle j'ai obtenu la médaille d'or du CNRS », raconte avec émotion le biologiste, désormais directeur de recherche émérite au CNRS et professeur à l'université de Strasbourg.

Après un stage postdoctoral en Allemagne entre 1972 et 1974, auprès de Peter Karlson, qui vient tout juste de décrire la structure de l’ecdysone — hormone stéroïde chez les insectes —, il succède en 1978 à Pierre Joly à la tête du laboratoire de « Biologie humorale des insectes ».

Il travaille alors à l’université de Strasbourg, d’abord à l’Institut de zoologie, puis à l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire, qu’il dirige entre 1992 et 2005, et où il se consacre à l'étude des mécanismes de l’immunité innée et l’expression des gènes de la réponse immédiate chez la mouche du vinaigre, le récepteur Toll. Il précise les mécanismes moléculaires de cette immunité innée dans un article princeps paru dans la revue Science en 1999.

En 1993, Jules Hoffmann organise à Versailles, avec Charles Janeway, de l’université Yale, Alan Ezekowitz de l'université Harvard, Shunji Natori de l'université de Tokyo et Fotis Katafos, directeur du laboratoire de biologie moléculaire de l'université d'Heidelberg, le premier congrès consacré à l’immunité innée.


Reconnaissance

Directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique, Jules Hoffmann a des relations privilégiées avec les Académies des sciences étrangères, des places d’honneur dans les congrès et a reçu 14 prix scientifiques : il est notamment lauréat de la médaille d'or du CNRS 2011.

La même année, il reçoit le prix Nobel de physiologie et de médecine, avec Bruce Beutler et Ralph Steinman, pour ses travaux sur l’immunité innée.

Il est également membre, depuis 2011, du conseil d'orientation de la fondation Écologie d'avenir, conseil présidé par Claude Allègre.

Le 5 janvier 2012, l’Académie française officialise sa candidature au fauteuil no 7, vacant depuis la mort de Jacqueline de Romilly. Il est élu lors de la séance du jeudi 1er mars 2012 avec 17 voix sur 23. Succédant à Jacqueline de Romilly, il est reçu sous la coupole par Yves Pouliquen le 30 mai 2013.

 

Jules Hoffmann est passionné par la lecture, la randonnée et le chant grégorien, faisant un pèlerinage rituel avec sa femme et ses enfants Marc et Isabelle à l’abbaye de Hohenbourg sur le mont Sainte-Odile.


Apports scientifiques

En 1959, à 18 ans, Jules Hoffmann publie son premier article sur les hétéroptères aquatiques du Grand-Duché de Luxembourg dans les Archives de l’Institut Grand-ducal de Luxembourg, Section des sciences naturelles, physiques et mathématiques.

La remise de la médaille d’or du CNRS est venue récompenser « ses découvertes [qui] ont fait émerger une vision nouvelle des mécanismes de défense que les organismes, des plus primitifs jusqu’à l’Homme, opposent aux agents infectieux ».

Ils concernent essentiellement le système immunitaire inné chez les insectes. Il a mis ainsi en évidence l’existence chez la drosophile de récepteurs Toll à certains champignons permettant d’activer la synthèse de certaines molécules antifongiques.


Prix et distinctions

    Prix Gay-Lussac Humboldt (1984)
    Prix Alexandre Joannidès de l'Académie des sciences (1992)
    Prix Antoine-Lacassagne du Collège de France (2000)
    Prix William B. Coley du Cancer Research Institute (2003)
    Grand Prix de la Fondation pour la recherche médicale (2004)
    Prix Robert-Koch d'Immunologie (2004)
    Prix Balzan (2007)
    Prix Rosenstiel (2010)
    Keio Prize for Medicine (2010)15
    Prix Shaw en sciences de la vie et médecine (2011)
    Médaille d'or du CNRS (2011)16
    Prix Nobel de physiologie ou médecine (2011) conjointement avec Bruce Beutler (États-Unis) et Ralph Steinman (Canada).
    Officier de la Légion d'honneur au titre du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche17
    Docteur honoris causa de l'Université de Liège (2014)18

 

Hommages

Le groupe scolaire de Lipsheim en Alsace prend son nom en 2013 et est inauguré en sa présence19.

Le collège de la Robertsau à Strasbourg est renommé collège Jules Hoffmann le 18 octobre 2016.


Ouvrages

    Progress in Ecdysone Research, éd. Elsevier North Holland, 1980 (ISBN 0444801944)
    (avec M. Porchet), Biosynthesis Metabolism and Mode of Action of Invertebrate Hormones, Berlin, New York, éd. Springer-Verlag, 1985 (ISBN 0387136673)

L'Edito


AG comme agir

Y avait-il cadre plus approprié que la Bibliothèque humaniste de Sélestat pour accueillir notre assemblée générale 2019 ?

Si l’humanisme est une manière de voir le monde et la connaissance, il est aussi une pratique, un engagement dans la cité. C’est dire combien la mémoire de Beatus Rhenanus et de ses pairs – si bien rendue palpable par la magnifique rénovation des lieux – est un aiguillon pour les académiciens du 21e siècle, les incitant à regarder le monde avec lucidité et bienveillance, et à y trouver une place féconde.
Le bilan 2018-2019 de l’Académie d’Alsace montre (voir ci-joint le compte-rendu de notre AG du 6 juillet 2019) un net renforcement des relations et partenariats avec notre environnement institutionnel, confirmant notre place originale dans le paysage régional. Et l’année 2019-2020 verra la naissance des « Agoras de l’Académie d’Alsace » dans les grandes villes de la région, lieux de débats ouverts, en prise avec les enjeux généraux du corps social. Nous y reviendrons prochainement.
Communication interne et externe renforcée, entrée de nouveaux membres, échanges avec les académies sœurs dans le cadre de la Conférence nationale des académies que, sous l’égide de l’Institut de France, notre équipe alsacienne préside jusque fin 2020 : voilà la feuille de route de l’Académie d’Alsace pour l’année à venir.
D’ici là, bel été à tous !
Bernard Reumaux

 

Dominique Wunderlin (gauche) et Marc Glotz (droite)

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Académie des Sciences, Lettres et Arts d'Alsace