Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

Histoire et présentation  de l'Académie

Dans la tradition de l'humanisme rhénan du XVIe siècle, le grand élan des Lumières féconde, au XVIIIe siècle en Alsace, de nombreuses sociétés de Lettres, Sciences et Arts, que les édiles citadines inventent comme des espaces de libres débats, de diffusion de la connaissance et d'information par la lecture de journaux de plus en plus nombreux. Le morcellement politique de la province stimule la variété et le nombre des ces cercles de pensées et d'action.

 

En 1769, la ville de Strasbourg se dote d'une Académie Royale des Sciences et des Belles Lettres, qui devient, en 1799, la Socièté Littéraire des Sciences et Arts,  puis, en 1802, la Société Académique du Bas Rhin.

 

Dès 1760, Théophile-Conrad Pfeffel fonde à Colmar une Société Littéraire, qui durera jusqu'en 1820. La Société d'émulation des Sciences, des Belles Lettres et des Arts voit le jour dans cette même ville en 1801.

 

A Mulhouse est fondée en 1775 la Société pour la propagation du bon goût et des belles lettres et sciences par le futur pasteur Jean Spoerlin. Dans le cadre de la Société Industrielle de Mulhouse, créée par le patriciat en 1826, diverses commissions assurent formation et information dans le même esprit du progrès de la pensée pour servir l'homme.

 

L'Alsace, annexée en 1870, redevenue française après les cruelles souffrances de la Première Guerre mondiale, et piétinée par la botte nazie lors de la Seconde Guerre mondiale, a vécu des bouleversements politiques et sociaux majeurs. Cependant ces changements n'ont pas altéré la richesse de son activité intellectuelle, enracinée dans son passé biculturel.

Dans la reconstruction de l'après-guerre, de nouvelles sociétés savantes virent le jour en Alsace.

 

La création de l'Académie d'Alsace, à Colmar, le 25 mai 1952, réussit le pari de fédérer toutes les activités intellectuelles de la province dans ses carrefours de communication et d'échange au coeur de l'Europe, tout en tenant à être l'interprète et le témoin des valeurs culturelles de la France.

L'Académie comprend 4 sections : Belles Lettres, Sciences de la nature, Sciences de l'Homme, Art et Artisanat d'Art.

 

Pour bien signifier son appartenance à la grande famille des académies, l'Académie d'Alsace a adopté, le 12 mai 2007 la titulature commune :

Académie des Sciences, Lettres et Arts d'Alsace.

 

 

L'Edito


Vulgarisation ?
Le mot rebute souvent. Mais la réalité émerveille.
Car telle est la fonction et l’honneur des professionnel

s de la transmission, qu’ils soient intellectuels ou artisans, chercheurs pointus ou enseignants de terrain, praticiens des arts et de la culture.
Et tel est le rôle le plus noble des académies ! Pas de cultiver l’entre-soi, mais de s’ouvrir aux autres, ceux de toutes les disciplines du savoir et de la création bien sûr, mais aussi, surtout, les publics les plus divers et les moins spécialisés.
Nous en avons eu une brillante démonstration par un grand esprit de la « république des lettres », Michel Zink, de passage dans la région à l’invitation de l’Académie d’Alsace, dont il est membre du Comité d’honneur. A Altkirch le 6 avril, à Strasbourg le 8, tous ont été conquis par l’érudition et le charme du membre fraîchement élu de l’Académie française, du secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, du professeur honoraire du Collège de France, du grand spécialiste des littératures françaises du Moyen Age, capable de déclamer pendant des heures des poèmes de troubadours en langue originale…
Michel Zink a fait un éloge de la vulgarisation, de la nécessité de trouver des formes adaptées pour toucher, cultiver, séduire des publics jugés a priori à distance. « Si la littérature médiévale devait rester uniquement affaire de spécialistes pointus, elle n’aurait aucune légitimité à être étudiée », dit-il. Cette recherche érudite doit venir enrichir le goût du public pour le Moyen Age, les châteaux en ruine, la chevalerie, elle doit montrer en quoi l’univers sensible de ce millénaire mal connu imprègne nos imaginaires et nous aide à nous définir dans la société, à préciser les notions de pouvoir, de conflits, d’amour.
Et cela marche ! Quatre cents personnes sont venues entendre Michel Zink.
Le fils du poète dialectal sundgauvien Georges Zink (sur la photo, il montre le livre de son père), devenu universitaire mondialement connu et auteur d’une vingtaine de livres soucieux de pédagogie, nous montre le chemin. Merci, cher prestigieux confrère !
Bernard Reumaux

 

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