Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

Pantxika Beguerie-De Paepe

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Conservateur en chef et Directrice du Musée d'Unterlinden, Colmar

 

Section

Sciences de l'Homme


Données professionnelles

Études secondaires au collège Saint-François de Mauléon, puis supérieures à la Faculté d’Histoire de Bordeaux où elle a soutenu un mémoire de maîtrise portant sur : Les pèlerinages au Pays Basque français du Moyen Age à nos jours. Sa passion pour l’histoire de l’art l’a conduite à suivre les cours de l’École du Louvre (Muséologie), à l’issue desquels, en 1986, elle a réussi le concours d’entrée à l’École nationale du Patrimoine.

Nommée conservateur au musée d’Unterlinden de Colmar, chargée des collections médiévales, en 1988, elle y consacra les dix premières années de sa carrière. C’est ainsi qu’elle a été le commissaire de plusieurs expositions : Sainte Anne trinitaire, une œuvre du Maître de Rabenden, 1989 ; Le Beau Martin, 1991, une exposition commémorative du cinquième centenaire de la mort de Martin Schongauer, qui fit date et lui valut le prestigieux prix Ptolémée ; Saint Jacques de Gueberschwihr, une sculpure bâloise du début du XVIe siècle, 1993 ; 13 nouvelles acquisitions de gravures de Martin Schongauer, l’ensemble du fonds colmarien, 1994. Toutes ces expositions ont donné lieu à la publication d’un catalogue dont elle a assuré la direction et tout ou partie de la rédaction.

Elle est par ailleurs l’auteur de nombreux articles, notices et ouvrages dévolus à l’art allemand et plus spécifiquement à la sculpture du Rhin supérieur. Citons: Le retable d’Issenheim, Strasbourg, 1991, Dictionnaire de la sculpture (notices concernant plusieurs sculpteurs allemands du XVIe siècle), Paris, 1992. La partie sculptée du retable d’Issenheim, complémentarité de l’étude scientifique et de l’étude technique, La Conservation du bois dans le patrimoine culturel, colloque, novembre 1990, Besançon, p. 125-131. La Vierge à l’Enfant de l’atelier du dyptique de Kremsmünster, Bulletin de la Société Schongauer, p. 90-97, 1993. Un atelier de sculpteurs colmariens du début du XVIe siècle, Annuaire de la Société d’histoire et d’archéologie de Colmar, Colmar, t. XXXIX, p. 7-28, 1993. Autour de la Déploration de Rouffach, un groupe de sculptures colmariennes des années 1510-1520, Cahiers alsaciens d’archéologie d’art et d’histoire,

Strasbourg, t. XXXVII, p. 147-156, 1994. De l’influence de l’art de Martin Schongauer sur les peintures murales de l’église de Baldenheim, Annuaire de la Société d’histoire de la Hardt et du Ried, n° 8, p. 25-34, 1995. Deux sculptures inédites de l’entourage de Hans Bongart : le Saint Marc de Gueberschwihr et le Saint Jean-Baptiste des Trois-Épis, Cahiers alsaciens d’archéologie d’art et d’histoire, Strasbourg, t. XXXIX, p. 73-80, 1996. Grünewald, le Maître d’Issenheim, La Renaissance du Livre, 1997.

En 1997, des raisons familiales l’éloignèrent de Colmar. Installée à Abbeville, elle y a exercé, jusqu’en 2004, les fonctions de conservateur en chef du musée, Boucher-de-Perthes et a entrepris un vaste programme d’expositions visant à faire connaître les collections du musée et la ville d’Abbeville. Depuis son retour au musée d’Unterlinden, au mois de septembre 2004, en tant que conservateur en chef du musée elle a notamment assuré le commissariat des expositions : Hansi. Peintre d’une ville, Colmar, 2004, Figures de Madones, 2005, Au commencement, le toucher Sarkis, 2005, Picasso, autour de la tapisserie de Guernica, 2005. Depuis lors, Pantxika Béguerie poursuit son travail d’études et de conservation du patrimoine alsacien.


Diplômes et expertises

Dès 1992, la Société d’histoire et d’archéologie de Colmar lui décernait le grand prix Jacques Betz pour l’ensemble de ses publications sur l’Alsace.


Rôles académiques

Membre correspondant en 2018


Données personnelles (espact privé)

Fille de Michel Béguerie, maire de Chéraute, Pyrénées Atlantiques, et de Jacqueline Bardon.


CV complet

 


 

 

L'Edito


Vulgarisation ?
Le mot rebute souvent. Mais la réalité émerveille.
Car telle est la fonction et l’honneur des professionnel

s de la transmission, qu’ils soient intellectuels ou artisans, chercheurs pointus ou enseignants de terrain, praticiens des arts et de la culture.
Et tel est le rôle le plus noble des académies ! Pas de cultiver l’entre-soi, mais de s’ouvrir aux autres, ceux de toutes les disciplines du savoir et de la création bien sûr, mais aussi, surtout, les publics les plus divers et les moins spécialisés.
Nous en avons eu une brillante démonstration par un grand esprit de la « république des lettres », Michel Zink, de passage dans la région à l’invitation de l’Académie d’Alsace, dont il est membre du Comité d’honneur. A Altkirch le 6 avril, à Strasbourg le 8, tous ont été conquis par l’érudition et le charme du membre fraîchement élu de l’Académie française, du secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, du professeur honoraire du Collège de France, du grand spécialiste des littératures françaises du Moyen Age, capable de déclamer pendant des heures des poèmes de troubadours en langue originale…
Michel Zink a fait un éloge de la vulgarisation, de la nécessité de trouver des formes adaptées pour toucher, cultiver, séduire des publics jugés a priori à distance. « Si la littérature médiévale devait rester uniquement affaire de spécialistes pointus, elle n’aurait aucune légitimité à être étudiée », dit-il. Cette recherche érudite doit venir enrichir le goût du public pour le Moyen Age, les châteaux en ruine, la chevalerie, elle doit montrer en quoi l’univers sensible de ce millénaire mal connu imprègne nos imaginaires et nous aide à nous définir dans la société, à préciser les notions de pouvoir, de conflits, d’amour.
Et cela marche ! Quatre cents personnes sont venues entendre Michel Zink.
Le fils du poète dialectal sundgauvien Georges Zink (sur la photo, il montre le livre de son père), devenu universitaire mondialement connu et auteur d’une vingtaine de livres soucieux de pédagogie, nous montre le chemin. Merci, cher prestigieux confrère !
Bernard Reumaux

 

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