Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

Prix Maurice Betz 2014

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Lauréat du Prix Maurice Betz à Gérard Pfister

Salon du livre de Colmar

 

Christiane Roederer

 

 

 

Cher lauréat, il y a presque  25 ans, vous m’écriviez : « A l’occasion du 25e anniversaire de la mort d’Albert Schweitzer, nos Editions viennent de consacrer un ouvrage à ses textes philosophiques et spirituels. Nous sommes heureux de vous adresser un exemplaire »… J’ai remercié le 19 mai 1990 alors que j’étais président de la Société des Ecrivains !
De quelle édition s’agit-il ? Les éditions Arfuyen dont l’acte de naissance porte 1975 et un palmarès unique dans son genre qui court sur plusieurs siècles : Henri Suso (12es), Jean Tauler, Meister Eckhart, (14es), Paracelse (15es) Philipp Jacob Spener (17e) et  le 20e : Emile Storck, Nathan Katz, Alfred Kern, Claude Vigée, Yvan Goll et bien d’autres… Je m’arrête sur un constat : rien que des humanistes, un cortège magnifique dont vous faites partie, cher lauréat, sans vouloir tomber dans la flagornerie. Vos choix s’inscrivent dans votre propre quête.
« Arfuyen » ? Pourquoi ce nom qui sonne étrangement : Arfuyen est une petite montagne face au Mont Ventoux où se situait votre  bergerie… lieu symbolique de méditation et d’inspiration.
Faute de temps, je ne puis rappeler ici votre parcours tant il est à la fois riche et éclectique : sciences politiques, juriste, banquier, éditeur, romancier, dramaturge et poète, poète, poète dans sa plus belle tradition. J’ajouterai que vous êtes aussi traducteur : allemand, italien, turc, anglais… donc polyglotte ce qui explique que vous avez reçu le prix européen de littérature et que vous assumez la présidence de l’ « Association capitale européenne des littératures »… entre autres.
Revenons au « Livre des sources » objet de la laudatio de notre confrère Jean-Paul Sorg avec lequel vous partagez la transmission de l’oeuvre d’Albert Schweitzer.
C’est à votre laudateur que revient l’honneur de présenter votre œuvre, magistral chassé-croisé de la fiction et de la réalité historique sans que le lecteur ne puisse démêler l’un de l’autre tant le déroulé est vertigineux auquel la langue apporte une saveur particulière : beauté, souplesse.
Au risque de vous faire rougir : c’est un ouvrage exceptionnel. Puisse-t-il traverser les Vosges et réjouir le cœur des amoureux de la belle écriture !
C’est à l’honneur de notre Compagnie, à celui de votre laudateur de couronner cet ouvrage par le Prix Maurice Betz, lui-même traducteur de Rilke, Goethe, Thomas Mann, Nietzsche.
Vous ne pouviez, cher ami, vous trouver en meilleure compagnie.
Ce fut un délice de vous lire. Merci.                

 

L'Edito


Vulgarisation ?
Le mot rebute souvent. Mais la réalité émerveille.
Car telle est la fonction et l’honneur des professionnel

s de la transmission, qu’ils soient intellectuels ou artisans, chercheurs pointus ou enseignants de terrain, praticiens des arts et de la culture.
Et tel est le rôle le plus noble des académies ! Pas de cultiver l’entre-soi, mais de s’ouvrir aux autres, ceux de toutes les disciplines du savoir et de la création bien sûr, mais aussi, surtout, les publics les plus divers et les moins spécialisés.
Nous en avons eu une brillante démonstration par un grand esprit de la « république des lettres », Michel Zink, de passage dans la région à l’invitation de l’Académie d’Alsace, dont il est membre du Comité d’honneur. A Altkirch le 6 avril, à Strasbourg le 8, tous ont été conquis par l’érudition et le charme du membre fraîchement élu de l’Académie française, du secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, du professeur honoraire du Collège de France, du grand spécialiste des littératures françaises du Moyen Age, capable de déclamer pendant des heures des poèmes de troubadours en langue originale…
Michel Zink a fait un éloge de la vulgarisation, de la nécessité de trouver des formes adaptées pour toucher, cultiver, séduire des publics jugés a priori à distance. « Si la littérature médiévale devait rester uniquement affaire de spécialistes pointus, elle n’aurait aucune légitimité à être étudiée », dit-il. Cette recherche érudite doit venir enrichir le goût du public pour le Moyen Age, les châteaux en ruine, la chevalerie, elle doit montrer en quoi l’univers sensible de ce millénaire mal connu imprègne nos imaginaires et nous aide à nous définir dans la société, à préciser les notions de pouvoir, de conflits, d’amour.
Et cela marche ! Quatre cents personnes sont venues entendre Michel Zink.
Le fils du poète dialectal sundgauvien Georges Zink (sur la photo, il montre le livre de son père), devenu universitaire mondialement connu et auteur d’une vingtaine de livres soucieux de pédagogie, nous montre le chemin. Merci, cher prestigieux confrère !
Bernard Reumaux

 

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