Réseaux sociaux alternatifs : légitimité, menaces et questions émergeantes

Au niveau mondial, des milliards d’utilisateurs ont recours aux réseaux sociaux. Cependant, au cours de ces dernières années, un nombre croissant d’entre eux se sont tournés vers des réseaux sociaux alternatifs, dénommés «Alt-Techs». Si les motivations à ce changement sont claires concernant la liberté d’expression justifiée par l’absence de censure et de modération de contenu, d’autres le sont beaucoup moins quand ils sont le refuge de groupes extrémistes radicaux et criminels, et favorisent leurs activités.

Introduction

Les Alt-Techs représentent une catégorie de réseaux sociaux apparue au motif de préserver la liberté d’expression sans régulation ni modération de contenu, au contraire des plateformes grand public des réseaux sociaux traditionnels : X, Facebook, WhatsApp, Instagram, etc. Ils sont maintenant devenus populaires, tels : Telegram, Signal, Gab, 8kun, etc., et constituent un nouvel écosystème social pour l’information et la communication.

Cette tendance provient en partie de la méfiance envers les grandes plateformes technologiques et de la perception croissante de contrôle sur les contenus en ligne. Les restrictions, les interdictions imposées par les grandes entreprises technologiques détentrices des médias sociaux traditionnels, la suspension ou le bannissement de comptes d’utilisateurs ont probablement contribué à la popularité des Alt-Techs, en même temps que le récit des communautés partisanes affirmant que leurs paroles étaient censurées au nom du «politiquement correct».

En créant un espace parallèle pour diffuser des idées hors des limites des propos traditionnellement autorisés, les Alt-Techs attirent une multitude d’utilisateurs partageant les mêmes points de vue et limitent l’exposition à des avis opposés. Aussi, l’agrégat qui en résulte a pour conséquence d’occasionner le développement de communautés polarisées et radicalisées. En outre, les applications Alt-Techs, et même la messagerie WhatsApp, permettent les échanges sécurisés de messages instantanés (secret chats) avec un chiffrement de bout en bout de façon à ce que seules les personnes en communication soient en mesure de lire les messages échangés chiffrés; les clés cryptographiques étant uniquement présentes sur leurs dispositifs : téléphone, ordinateur, etc., et sur aucun élément intermédiaire.