Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

ACTUALITES

 

 

 

 

 

 

 

DISPARITION

 

Emile Roegel est décédé le 6 mai 2019, à l'âge de 93 ans.

Il a été professeur à la faculté de médecine de Strasbourg, médecin-chef de pneumologie aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg et à l’hôpital Pasteur de Colmar. Jusqu’à ses derniers mois, il s’est investi dans la transmission de la mémoire des anciens du camp soviétique de Tambov, après son incorporation de force, à l’âge de 17 ans, dans la Wehrmacht. Son humanité, sa sensibilité empreinte d’une ironie toute philosophique, en faisaient un représentant précieux de l’expérience douloureuse des Malgré-Nous, notamment auprès des jeunes générations.

 

Bernard Reumaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DISPARITION

En mémoire de Christian Wilsdorf  (1926-2019)

Christian Wilsdorf, qui vient de nous quitter, était le plus ancien membre de l’Académie d’Alsace. C’est en 1959 qu’il rejoignit cette institution régionale.

Il avait été, de 1951 à 1992, le très apprécié et savant directeur des Archives du Haut-Rhin. Grâce à lui, ces dernières purent aménager dans des nouveaux locaux, au sein de la Cité administrative  de Colmar, et devinrent une institution phare au service du patrimoine historique départemental.

Cet enfant de Ribeauvillé fut, de 1983 à 1996, le délégué scientifique du président du Conseil général. Il a contribué, de façon déterminante, au sauvetage à la mise en valeur du château du Hohlandsbourg et à la restauration de l’église Saint-Matthieu de Colmar. Que serait aujourd’hui le centre historique de la capitale haut-rhinoise sans sa vigilance ou le château de Saint-Ulrich qui domine sa ville natale ?

Ce médiéviste rare avait fait de la période antérieure au XIIIe siècle son jardin de prédilection. Il était notre meilleur spécialiste de la période mérovingienne et carolingienne. Chartiste brillant, il avait consacré sa thèse aux comtes de Ferrette. Nous lui devons également la création de la commission départementale d’héraldique qui, à partir de 1960, attribua ou confirma les armoiries de chaque commune du Haut-Rhin.  

Sait-on qu’il fut, de 1951 à 1955, chargé de la mission de rassembler et d’organiser les archives des Hauts Commissariats de la République française en Allemagne et en Autriche qu’il rapatria à Colmar ? C’est sur sa proposition que la Haute Commission alliée d’occupation en Allemagne  confia en dépôt à la France les archives franco-anglo-américaines. Installées d’abord à Metz, elles furent transférées à Colmar aux Archives de l’occupation créées par le Ministère des Affaires étrangères en 1956.

Tous ceux qui l’ont fréquenté gardent le souvenir d’un homme charmant et plein d’humour, aussi lettré que parfait humaniste, attaché à sa petite patrie et à l’écoute permanente tant des chercheurs que des sociétés d’histoire de la région dont il fut très proche.


Gabriel Braeuner

 

L'Académie d'Alsace a organisé deux conférences de Michel Zink, de l'Académie française, le samedi 6 avril, Halle aux Blés d’Altkirch, 16h30, et le lundi 8 avril, Librairie Kléber Strasbourg, 17 h.

Le plaidoyer de Michel Zink pour les Académies en réaction au New York Times »

 

Le grand prix 2019 de l’Académie d’Alsace à Frantisek Zwardon

 

Une cérémonie brillante et chaleureuse s’est tenue le 1er février dans les salons de l’hôtel de ville de Strasbourg pour la remise du Grand Prix 2019 de l’Académie d’Alsace au photographe Frantisek Zvardon, en présence du maire de la ville, Roland Ries.
Arrivé en Alsace en 1985, le Tchèque Frantisek Zvardon parcourt le monde entier pour les reportages commandés par de nombreux éditeurs et magazines, faisant la démonstration d’un talent original, basé sur une rigueur technique exemplaire et coloré d’une inspiration humaniste. Ses travaux sur les aurores boréales, les tribus africaines Surma, les ouvriers de la sidérurgie, etc., confirment son excellence dans le paysage comme dans le portrait, la couleur et le noir-et-blanc. Mais aussi, ayant fait le choix de l’Alsace, il est à l’origine de campagnes photographiques qui ont apporté un total renouvellement des regards et des représentations sur l’Alsace, les Vosges, les villes. « Le Veilleur de la Beauté du Monde », ainsi l’a nommé le président Bernard Reumaux.
Le Grand Prix de l’Académie d’Alsace distingue depuis 1973 une personne impliquée dans un travail remarquable, qu’il soit prestigieux ou modeste, scientifique, artistique ou d’engagement social. Il s’attache à mettre en lumière l’œuvre et l’action d’une personnalité n’ayant pas encore bénéficié de reconnaissance grand public officielle. Désormais annuel, il bénéficie du soutien de la Ville de Strasbourg. Une exposition de grands tirages de Frantisek Zvardon a lieu tout le mois de février sur les grilles de l’hôtel de ville, place Broglie.
 


Une chaîne Youtube pour l'Académie d'Alsace
La captation vidéo des interventions lors de la Conférence nationale des Académies en octobre 2018 donne naissance à une chaîne sur Youtube.
Voilà qui constitue le début d’une « bibliothèque vidéo », non seulement mémoire d’un événement, mais surtout base documentaire précieuse pour ceux qui s’intéressent à l’Alsace.

Cliquer sur le lien vous mène directement à la vidéo.

 

Georges Bischoff : « Une histoire de l’Alsace en 45 minutes »
https://youtu.be/mtua9r0IXTg

 

Brigitte Klinkert, Christine Roth, Christiane Roederer et Jean-Paul Meyrueis : Introductions à la Conférence nationale des Académies 2018
https://youtu.be/Zvep_kD7HHo

 

Jean-Louis Schlienger : « Eloge du bien-manger alsacien »
https://youtu.be/iFouDtytKmE

 

Hervé This : « L’alimentation de demain »
https://youtu.be/o7mMC9aGQdA

 

Christine Ferber : « On ne domine pas la matière, on l’apprivoise »
https://youtu.be/uzI7W4WBe8A

 

Hervé This , Christine Ferber et Jean-Louis Schlienger : « Gastronomie et innovation scientifique »
https://youtu.be/w38U0AG0Spk

 

Michel Deneken et Sophie Béjean : Accueil de la Conférence nationale des Académies à l’Université de Strasbourg
https://youtu.be/d2z7jJw8GHY

 

Jules Hoffmann et Jean-Marie Lehn : « Pour une Europe de la recherche »
https://youtu.be/a_CccCa0Jw0

 

Mgr Joseph Doré : « Le Concordat en Alsace-Moselle au défi d’une laïcité à refonder »
https://youtu.be/egCzu0on-9o

 

Marc Lienhard : « Le protestantisme en Alsace-Moselle, réalités et défis »
https://youtu.be/BzpODOqjtJc

 

Grand Rabbin René Gutman : « Enseignement et laïcité à la lumière du Concordat »
https://youtu.be/axIu0riWvD0

 

Benoît Jordan : « La cathédrale de Strasbourg : art, histoire et foi »
https://youtu.be/RrnGono4Tug

 

Marie-Laure de Cazotte, Frédérique Neau-Dufour, Marcel Spisser : « L’Alsace entre histoire bousculée et mémoires blessées »
https://youtu.be/fpoyOlfYREs

 

Frédéric Bierry : « La mission Patrimoine d’un Département »
https://youtu.be/GiJcTVvmF6I
 

 

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L'Edito


Vulgarisation ?
Le mot rebute souvent. Mais la réalité émerveille.
Car telle est la fonction et l’honneur des professionnel

s de la transmission, qu’ils soient intellectuels ou artisans, chercheurs pointus ou enseignants de terrain, praticiens des arts et de la culture.
Et tel est le rôle le plus noble des académies ! Pas de cultiver l’entre-soi, mais de s’ouvrir aux autres, ceux de toutes les disciplines du savoir et de la création bien sûr, mais aussi, surtout, les publics les plus divers et les moins spécialisés.
Nous en avons eu une brillante démonstration par un grand esprit de la « république des lettres », Michel Zink, de passage dans la région à l’invitation de l’Académie d’Alsace, dont il est membre du Comité d’honneur. A Altkirch le 6 avril, à Strasbourg le 8, tous ont été conquis par l’érudition et le charme du membre fraîchement élu de l’Académie française, du secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, du professeur honoraire du Collège de France, du grand spécialiste des littératures françaises du Moyen Age, capable de déclamer pendant des heures des poèmes de troubadours en langue originale…
Michel Zink a fait un éloge de la vulgarisation, de la nécessité de trouver des formes adaptées pour toucher, cultiver, séduire des publics jugés a priori à distance. « Si la littérature médiévale devait rester uniquement affaire de spécialistes pointus, elle n’aurait aucune légitimité à être étudiée », dit-il. Cette recherche érudite doit venir enrichir le goût du public pour le Moyen Age, les châteaux en ruine, la chevalerie, elle doit montrer en quoi l’univers sensible de ce millénaire mal connu imprègne nos imaginaires et nous aide à nous définir dans la société, à préciser les notions de pouvoir, de conflits, d’amour.
Et cela marche ! Quatre cents personnes sont venues entendre Michel Zink.
Le fils du poète dialectal sundgauvien Georges Zink (sur la photo, il montre le livre de son père), devenu universitaire mondialement connu et auteur d’une vingtaine de livres soucieux de pédagogie, nous montre le chemin. Merci, cher prestigieux confrère !
Bernard Reumaux

 

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