Académie d'Alsace des Sciences, Lettres et Arts
 Académie d'Alsacedes Sciences, Lettres et Arts  

Editoriaux

______________________________________________

 

 

LA CNA 2018

Bernard Reumaux


L’Académie d’Alsace accueillera du 3 au 5 octobre prochain la Conférence  Nationale des Académies affiliées à l’Institut de France. C’est la première fois que notre région servira de cadre à cette manifestation biennale. Une belle reconnaissance pour l’Alsace et pour notre académie !
Nous aurons l’honneur et le plaisir d’accueillir les délégués des 32 académies qui, dans toute la France, partagent une même mission : le sens du bien commun régional par la valorisation des lettres, sciences et arts, dans un dialogue permanent entre des disciplines souvent séparées.
C’est dire dans quel esprit de responsabilité, mais aussi de fierté, le comité et les membres de notre académie abordent l’année nouvelle. Tous mobilisés pour présenter l’image d’une Alsace qui entend conserver le meilleur de ses valeurs, mais aussi se montrer imaginative et créative.
Alors que les repères d’identité et de solidarité sont un peu partout bousculés, que 2018 soit une année féconde et généreuse !

 

 

 

 

A quoi servons-nous ?

 

Bernard Reumaux

Président de l'Académie d'Alsace

 

 

« Mais à quoi sert l’Académie d’Alsace ? » Combien de fois ai-je répondu à cette question au lendemain de mon élection à la présidence de notre compagnie, le 1er juillet dernier ? Une curiosité souvent nourrie d’ignorance teintait les interrogations. Oui, quelle peut bien être, en 2017, dans le tourbillon incessant et les rugueuses interpellations de notre temps, la fonction d’une institution coiffée du noble et ambigu mot d’académie ?

 

Un mot, une formule, une évidence en guise de réponse :

« Notre Académie sert l’Alsace. »

Voilà à quoi nous servons ! Voilà pourquoi nous existons et travaillons ! Oui, la fonction de l’Académie des Sciences, Lettres, Arts d’Alsace, sa solide légitimité, s’inscrivent dans cette notion de service. Depuis 1952, dans une succession harmonieuse de styles et de présences au monde qui reflètent l’évolution de la région, ce cap est resté inchangé. Servir la région, c’est-à-dire réunir des personnes venues des horizons les plus divers qui, par leurs actions et leur rayonnement, illustrent un attachement désintéressé et vigilant au bien commun régional.

 

Une académie n’est pas une institution publique ou un corps constitué, ni une association de militants réunis autour d’une cause, ni un club-service ou une amicale, c’est le signe vivant, et un peu mystérieux, que l’esprit du lieu, le génie propre d’une terre, peuvent s’incarner dans une rencontre d’hommes et de femmes qui conjuguent leurs différences et leurs complémentarités.

 

L’intuition des pères fondateurs de l’Académie d’Alsace en 1952 était généreuse et visionnaire, en modelant une compagnie régionale à partir des traces des anciennes académies locales de Strasbourg et de Colmar, que les chocs de l’histoire avaient éteintes. Il faudrait que des historiens – à partir notamment de nos précieuses Annales – se penchent sur cette « zone blanche » de l’histoire régionale, l’après-guerre alsacien parcouru de traumatismes et d’espérances, et mettent en lumière et à l’honneur les belles figures et les actions déterminantes, du nord au sud de la région. S’assumer fièrement alsacien et français, tout en affirmant prophétiquement l’impérieuse nécessité d’une construction européenne, vivre sans complexe cette identité tridimensionnelle, levier d’une renaissance collective, d’un nouvel humanisme porteur de sens, tout cela n’allait pas de soi au début des années 1950. Et reste d’actualité tant les repères anciens sont aujourd’hui brouillés. Car qui saurait répondre avec pertinence à ces deux questions : « C’est quoi l’Alsace aujourd’hui ? » ; « Qu’est-ce qu’être alsacien ? »

 

La liste des lauréats des prix scientifiques et culturels que nous avons décernés au fil des dernières années offre une réponse en dressant la photo de groupe brillante et bien réelle d’une région enracinée, créative et ouverte, lucide et optimiste, qui travaille et rayonne sans complexe. Dans un monde qui a tendance à cloisonner les milieux et les personnes, l’Académie d’Alsace a cette fonction unique de créer des passerelles et d’ouvrir un espace commun, une agora.

 

De nouvelles pistes sont à explorer, de nouveaux talents à accueillir, des bonnes volontés à solliciter. Avec le souci de l’excellence et de la convivialité. Je voudrais reprendre ici le maître-mot du discours de Christiane Roederer, président sortant de notre Académie lors de l’assemblée générale fin juin aux Trois-Épis : « Jubilation ! » La jubilation du travail partagé au service d’une cause qui nous dépasse. Une jubilation bien alsacienne : de Johann Fischart à Germain Muller et Tomi Ungerer, le rire traverse l’histoire de l’Alsace. Un rire politique et thérapeutique, qui a l’intelligence de dépasser le stade des frustrations et des revendications, pour affirmer, avec la simplicité des artisans et des grands seigneurs, l’évidence d’une éthique. 

 

                                                                           

René Voltz

Membre du Comité directeur de l'Académie d'Alsace

Professeur émérite de l'Université de Strasbourg

Novembre 2017


Qui es-tu ? Que seras-tu ? Telles sont les questions que nous posons à l'Alsace d'aujourd'hui et de demain. A suivre le philosophe Paul Ricoeur, la meilleure façon de répondre à la question "qui ?" est de raconter l'histoire d'une vie : "individu et communauté se constituent dans leur identité en recevant des récits qui deviennent pour l'un comme pour l'autre leur histoire effective". Fidèle à la mémoire d'hier, façonné par l'héritage culturel, le récit se projette dans l'avenir avec la promesse du maintien de soi. Mais il ne peut définir une identité acquise une fois pour toutes, car il signifie aussi "provocation à être et à agir autrement".


Ainsi en est-il de l'Alsace de nos jours, alors qu'elle est provoquée par les crises identitaires de l'ère numérique, dont les manifestations de présentisme et d'individualisme annoncent une identité sans mémoire et sans partage. Une faille intergénérationnelle se creuse entre les générations "digital native" avides de communication et de consommation immédiates, et les générations antérieures fidèles au temps long des usages traditionnels.


 Un clivage territorial entre métropoles et zones périurbaines tend de même à s'imposer, accompagné par la distinction entre "nomades créatifs" et "néosédentaires". Maîtres des techniques de pointe numérisées et robotisées, les premiers trouvent dans les grandes métropoles et auprès des grandes universités internationales, le terrain favorable à la création de nouveaux savoirs et richesses ; moins mobiles, moins touchés par la globalisation du monde, les néosédentaires conservent pour leur part le culte de "l'entre-nous" dans les frontières protectrices du territoire, quitte à moins profiter des avantages de la mondialisation.


Soucieuse de la promesse du maintien de soi dans la profondeur de ses racines propres, l'identité de l'Alsace est appelée à s'adapter aussi aux rapides mutations de l'environnement mondialisé et européen. C'est forte de sa jeunesse éduquée, de ses métropoles universitaires et de la densité culturelle de son territoire, que la province peut maîtriser les crises identitaires nées de la mondialisation.

 Et c'est forte de son expérience historique unique, qu'elle peut intervenir, non comme victime des nationalismes d'hier, mais comme actrice spécialement qualifiée, dans l'effort franco-allemand à poursuivre un idéal européen partagé.

 

 

Platon, le Dalaï-lama et les neurosciences
Docteur Lionel Comte

 

Il y a quelques semaines s’est tenu à l’Université de Strasbourg un colloque avec la participation du dalaï-lama sur le thème « Méditation, conscience et neurosciences ».

 Platon n’aurait assurément pas manqué d’organiser une telle rencontre au sein de son Académie.
En effet, par son allégorie de la caverne, Platon aborde la difficulté et le travail nécessaire – la dialectique - pour passer d’un monde constitué des reflets de la réalité au monde de la réalité elle-même.
Cette démarche ressemble fort à celle de la méditation qui vise, en tout cas dans son acception bouddhiste, au passage de l’être « endormi » et dans l’ignorance à l’être « éveillé », libéré de tous les conditionnements.

Mais que viennent faire les neurosciences dans cet environnement philosophique ?

Elles apportent en premier lieu un caractère scientifique à l’étude de ces démarches  de nature personnelle. En deuxième lieu elles confirment l’intérêt de telles démarches tant sur le plan de la santé mentale que physique. Enfin elles permettent de discerner en nous ce qui est de notre nature propre de ce qui relève de nos conditionnements.
Ne soyons pas dupes ; les neurosciences ont été préemptées très tôt par les industries qui vivent précisément du conditionnement des individus et qui n’ont d’autre but que de renforcer ce conditionnement et de transformer chaque individu en un consommateur sans libre choix. Méthodiquement le désir a été transformé en pulsion puis la pulsion en instinct.
Qu’il est donc réconfortant, dans ce monde où les valeurs semblent se déliter, où règne la dictature de l’instantané, des faux semblants, des indignations sélectives ou encore de la « bien-pensance », de voir de telles convergences se créer entre science et conscience.
La connaissance des circuits et mécanismes cérébraux que nous révèlent les neurosciences nous permettent de construire une plus grande maîtrise de notre attention, de nos pensées, des émotions et des tensions. Elles nous permettent également de retrouver le sens des mots, de leur précision et de leur puissance évocatrice. Ces approches dialectique et sémantique constituent d’ailleurs des outils décisifs dans certaines thérapies cognitives ou comportementales, comme par exemple dans le cadre de la dyslexie ou des addictions.
Platon aurait, sans aucun doute, également favorisé le développement des neuro-classes dont le principe est de mettre à disposition des enseignants et des élèves des pratiques issues des neurosciences. Ces pratiques ont pour objectif premier de renforcer l’attention, de parvenir à dompter le vagabondage cérébral et de ramener l’attention sur l’objet de la concentration. C’est ainsi que récemment, en France, a été franchi le cap de 1000 neuro-classes allant du CM2 à l’enseignement universitaire.

Cette initiative pourrait être une illustration de l’aspiration la plus profonde de Platon, à savoir ce cheminement et cette diffusion de l’Académie vers la Cité.

 

L'Affaire Dreyfus
Jacques Streith

 

 La victoire de la vérité sur la Raison d’État et le mensonge. Le monument érigé à Mulhouse à l’occasion du cent-dixième anniversaire de la réhabilitation du capitaine Dreyfus par la Cour de cassation.

Désirant ancrer la mémoire d’Alfred Dreyfus dans sa ville natale, le Magistrat, plusieurs citoyens et divers organismes de la ville de Mulhouse ont décidé d’organiser au cours de l’année 2016 une série de célébrations sur le thème « 2016 Année Dreyfus à Mulhouse » et comme projet phare une statue sculptée intitulée « Monument du Capitaine Dreyfus réhabilité ». Ce monument en granite rappelle en effet la réhabilitation du capitaine Dreyfus - après la révision définitive, mais seulement sept années après son second procès qui s’était déroulé en 1899 à Rennes - selon l’arrêt sans renvoi du 12 juillet 1906 à Paris par la Cour de cassation.

On sait que l’« Affaire Dreyfus » était un important conflit social et politique de la 3ème République, survenu à la fin du XIXe siècle autour de l’accusation de trahison faite au capitaine Alfred Dreyfus, un officier français originaire d’Alsace et de confession juive. Après quatre années passées au bagne et au terme de longues années de rebondissements judiciaires, dans un pays agité par l’opposition entre dreyfusards et antidreyfusards, le capitaine sera in fine totalement innocenté et définitivement réhabilité par un arrêt sans renvoi de la Cour de cassation … mais seulement douze ans après la tenue de son premier procès !

Lire l'intégralité du texte (et photos)

 

 

Une culture alsacienne ?
Gabriel Schoettel


Question aussi incongrue que délicate, tant les réponses peuvent différer et s'opposer, vu la charge explosive de ces deux mots. « Quand j'entends le mot culture, je sors mon pistolet » proclamait en effet un zélateur de la Bête immonde, qui aurait bien voulu voir disparaître aussi l'Alsace en tant que telle.

Ce petit territoire de 8000 kilomètres carrés et deux millions d'habitants, grand comme la Corse et six fois plus peuplé, ce coin de terre ballotté au gré des vents de l'Histoire, peut-il avoir une culture propre ? Dotée d'un Conseil Culturel d'Alsace depuis cette année, d'un Centre culturel alsacien, de multiples théâtres alsaciens, de musées alsaciens, d'un Institut de dialectologie alsacienne et... d'une Académie d'Alsace, il semble évident que l'Alsace est inséparable d'une identité forte, donc d'une culture. Il ne viendrait à l'idée de personne de contester l'identité, ni la langue, ni la culture de l'île sus-citée ( et si susceptible!), sous peine de voir quelques gendarmeries plastiquées dans l'heure !


Quelle que soit la définition qu'on donne de la culture, celle qui s'épanouit en Alsace s'exporte dans le monde entier, et pas seulement dans le domaine de la gastronomie ou des vins, mais aussi en médecine avec l'Ircad, ou dans les techniques et les sciences (trois Prix Nobel récents, tous membres de notre Académie). Et si l'Alsace semble un peu moins riche en matière littéraire, c'est cependant la région de France où les sociétés d'histoire sont les plus nombreuses, de même que les chorales et les orgues ! S'il fallait essayer de définir les spécificités de notre culture, nul mieux que Frédéric Hoffet, dans son irremplaçable Psychanalyse de l'Alsace, ne l'a fait : «  Par son tempérament, par le fond de son affectivité, par la tournure de son intelligence, l'Alsacien appartient à la grande famille germanique. Cependant la civilisation française a mordu sur lui : elle a transformé ses instincts et modelé sa sensibilité, si bien qu'il est aujourd'hui un être double ». Germain Muller  résumera cette dualité en constatant : « En Alsace, le contraire est toujours vrai ». Cette « Spaltung », que certains vivent comme une schizophrénie et d'autres comme une hémiplégie, est au contraire une formidable richesse. Elle nous permet, à travers le dialecte alsacien notamment, de nous ouvrir au vaste espace germanique qui est à nos portes, mais aussi à l'immense aire anglophone, l'anglais et l'alsacien partageant 80 % de leurs racines.


Située au cœur même de l'Europe la plus dynamique, elle accueille les grandes instances de celle-ci, et elle a la plus forte proportion de classes bilangues et bilingues, sans parler de l'Abibac : cœur français, âme germanique, esprit européen, l'Alsace a, non pas une culture, mais bien une double culture, se nourrissant de toutes les cultures du monde.  Et plutôt que de se tourner vers un passé largement mythifié, plutôt que de vouloir s'enfermer dans un territoire bien trop petit pour survivre dans un monde globalisé, les Alsaciens,  riches et fiers de leur langue, de leur situation géographique et historique, de leurs atouts multiples, devraient chanter, au lieu de « Mir sin d'Ledschte », nous sommes les derniers, « Mir sin d'Erschte », nous sommes les premiers, les premiers Européens !


« Ce qui se conçoit clairement, s’énonce clairement » que ce soit en philosophie, en littérature, en science… d’où l’importance de l’apprentissage de la langue vernaculaire.
Christiane Roederer

 
Faut-il revenir sur les constats dressés par les organismes les plus divers sur les carences de l’éducation nationale qui s’occupe à présent  – ô bonheur - des accents circonflexes après avoir – rectifié, simplifié, arrangé, modifié, réformé  – 2400 mots perdus dans la mémoire collective ?

A ce propos, que dit le site de l’Académie française : « Refus de toute imposition autoritaire de normes graphiques et sanction de l’usage pour les rectifications proposées ».
Pour le commun des mortels, sans référence aux mots rectifiés, que signifie cette injonction obscure ?
Allons, écrivons ce que capte notre oreille ! A mort les fautes impossibles à identifier. Une aubaine pour notre cerveau reptilien. Et pourtant le public a répondu « passionnément » à l’invitation du concours national de « la dictée » qui demeure, dans l’inconscient populaire « un marqueur culturel et social ». A méditer !  
Revenons au thème de notre Compagnie : « La Parole fondatrice et créatrice »…
Trois exigences : la Connaissance, la subtilité, l’esthétique…
Trois fondamentaux pour nourrir la pensée et lui donner corps, c’est-à-dire pour la création qu’elle soit littéraire ou scientifique. Il semble opportun à cet endroit de citer André Breton, le surréaliste, qui souhaitait que les mots fassent l’amour en pleine liberté ! Mais : « Encore faudrait-il que  les éléments du langage cessassent de se comporter en épaves à la surface d’une mer morte ».  Prémonitoire constat…
Il s’agit ici de résumer la position de notre Compagnie dans ce qui est essentiel dans la construction et l’épanouissement d’un être humain : « Que la pensée se lève à la fine pointe des mots » encore faut-il en connaître le sens…
Quelle souffrance, quelle frustration… si souvent exprimées dans le mal-être de nos contemporains ! Nous pouvons employer des mots savants – en parlant de linguistique et de sémantique - mais nous pouvons aussi parler simplement de l’orthographe et de la grammaire, des disciplines indissociables de notre état d’être humain.

Jacqueline de Romilly, helléniste, académicienne, exprime avec force ce dont nous sommes convaincus : « La parole est le rempart contre la bestialité ».
Une évidence décrite à l’envi depuis la nuit des temps, singulièrement opportune en ce début d’un XXIe Siècle qui semble avoir jeté aux orties le grand rêve d’une Terre de progrès et de paix.

La clairvoyance de notre consœur répond à  celle de Montaigne :« Nous ne sommes hommes et ne nous tenons les uns aux autres que par la parole ».


 

Art : où vas-tu ?
Charles Waechter, membre de l’Académie d'Alsace

 

Les travaux réalisés pour la réfection et l’agrandissement du musée d’Unterlinden pour mieux abriter les chefs-d’œuvre de l’art rhénan, et plus particulièrement les œuvres de Martin Schongauer et Mathias Grünewald avec son retable d’Issenheim, m’invitent à quelques réflexions sur l’évolution de l’art.

Très récemment dans différents médias, une « performance artistique » faisait l’objet de commentaires éclairés. La « performance artistique » réalisée au sein du musée d’Orsay consistait à se coucher au pied du tableau de Manet dans la même position et même tenue vestimentaire qu’Olympia, sujet féminin du célèbre tableau.
La «performance artistique » me semble dans ce cas, se situer au croisement du sensationnalisme et de la culture populiste.
L’étroitesse d’esprit conduit souvent à éradiquer toute culture, toute valeur artistique, toute histoire culturelle. Jean d’Ormesson rappelait très justement dans son ouvrage Qu'ai-je donc fait ? que « la médiocrité est portée aux nues. Les navets sont célébrés comme des chefs d’œuvre. Ce qui sera oublié dans trois ans est l’objet d’un tintamarre qui finit par rendre insignifiant pèle mêle le meilleur et le pire »
L’art est un domaine particulièrement ouvert et sensible à la subjectivité et au ressenti intime. Soyons et restons attentifs à l’attention portée par les Etats à différents fonds, lesquels sous prétexte d’innovation et de modernité soutiennent des œuvres au goût quelquefois douteux, où toute esthétique, tout travail, toute sensibilité ont disparu.  La culture artistique doit être participative, engageant la compréhension, le dialogue, la paix et le respect, respect de soi et de l’autre.
Par ailleurs, tout développement culturel exige le goût de l’effort et de la compétition, car le monde est ouvert. Pour arriver au plus haut niveau, les disciplines culturelles, artistiques, scientifiques exigent un énorme travail. Sans retourner à l’art préhistorique (pourtant témoin par le nombre et la qualité esthétique de ses œuvres) nous observons une évolution dans la déconstruction des règles académiques de la figuration au nom d’un impératif d’une réussite trop facile.
Jeff Koons peut ainsi déclarer : « le marché est le meilleur critique… mon œuvre n’a aucune valeur esthétique… je pense que le goût n’a aucune importance. »
L’artiste du troisième millénaire peut malheureusement réaliser les idées les plus farfelues que les institutions encouragent, et que certains nomment des « questionnements », d’autres des « provocations ». Peut-on imaginer que l’on soit passé d’une transgression de l’académisme à un académisme de la transgression ?
Je pense pour ma part, que certaines propositions en art contemporain sont magnifiques, d’autres sans aucun intérêt.
C’est l’une des caractéristiques de l’art ‘actuel’ que de pousser à avoir une opinion.

 

 

 

Albert Schweitzer

 

Souhaitant souligner les contributions marquantes de quelques personnalités de la province d'Alsace, notre Académie a décidé de produire un film synoptique relatif à une dizaine de personnalités alsaciennes, dont ALBERT SCHWEITZER. Sa volonté de contribuer à la compréhension, à la coopération et à l'amitié entre les peuples sont particulièrement exemplaires.

La vidéo présentée est extraite du DVD 'Alsaciens remarquables du XXème siècle' du Centre Régional de documentation Pédagogique de Strasbourg.


Réalisation de ERVIN KEMPF / Albert SCHWEITZER / BRONZE

Actualités

des membres

(pour plus de détails, voir la page Actualités, où figurent également des informations plus anciennes)

 

 

Robert Werner, dans Gedichterstrüss : un bouquet poétique et musical en alsacien produit par l'OLCA

voir : https://www.olcalsace.org/fr/actualite/gedichterstruss-un-bouquet-poetique-et-musical-en-alsacien

 

 Hervé This fait son prochain séminaire de gastronomie moléculaire le 17 décembre à 16 h, au Lycée Tirel, à Paris.

 

Gabriel Braeuner vient d’être désigné citoyen d’honneur de la ville de Sélestat.

 

Un film sur le développement de la chimie dans le Rhin Supérieur

Le passé industriel prestigieux de Mulhouse et de la région du Rhin Supérieur (période 1850-2000) est mis en lumière dans un documentaire, réalisé en 1997 pour le compte de l’Ecole de Chimie de Mulhouse. Il est désormais en ligne.  

Cliquer sur http://www.canalc2.tv/ , puis sur 2011, puis sur juin.

 

Françoise Jeudy-Krantz expose

Exposition "Tutoyer le ciel" du 1er décembre au 5 janvier.

Vernissage le samedi 1er décembre à 17h30 à La Maison du livre et de la culture de Charmes.

 

Le musée de la glyptographie honoré

Claude Oberlin, membre du comité de l'Académie d'Alsace, vient d'être distingué du Prix Kiwanis des Amis du Vieux Strasbourg qui honore des défenseurs actifs du patrimoine régional. Ce prix vient récompenser la réalisation exceptionnelle du Musée de la Glyptographie (les marques des tailleurs de pierre sur les églises), installé à Colmar. Pédagogique et passionnant, ce musée unique mérite une découverte.

 

Le “Café de l’Histoire” au Festival du Livre de Colmar

Depuis huit ans, notre consœur Gabrielle Claerr-Stamm reçoit au Festival du livre de Colmar (24 et 25 novembre, à la Foire Exposition, hall 2), toutes les demi-heures, un auteur régional pour présenter un alsatique paru au courant de l’année, publié par une société d’histoire ou par une maison d’édition. Elle tient aussi le stand de la Société d’histoire du Sundgau.

 

« Où va l’Alsace ? » : un livre de Bernard Reumaux

Quelques semaines après la fin de la Conférence nationale des Académies, le président de l'Académie d'Alsace, Bernard Reumaux, publie aux Editions La Nuée Bleue un recueil de ses chroniques parues dans Les Saisons d’Alsace sous le titre "Où va l'Alsace?". Voilà qui prolonge le thème de la CNA alsacienne, consacré aux questions d'identité et de particularisme à l'heure des réformes institutionnelles régionales et des grands enjeux de société.

www.lanueebleue.fr

 

31 décembre 2018 :

« Grand Reportage »  de Jean-Luc Nachbauer  dans la série GEO-360° d’ARTE, sur le thème très festif du … Crémant.

Diffusion le 31/12, à 19h00, puis rediffusion deux jours plus tard.

 

 

Hervé This présente la "cuisine note à note " au Chef Summit 2018, Kiev, Urkaine

 

 

Hervé This présente la cuisine note à note le 10 décembre, dans une conférence au Lycée hôtelier Guillaume Tirel.

 

30 novembre 2018-2 décembre 2018

Hervé This fait une série de conférences sur la "cuisine note à note" à Kiev, Ukraine.

 

24 novembre 2018

Conférence de Hervé This dans le cadre du Concours Cuisine des Grandes Ecoles

 

20 novembre 2018

Christiane Roederer rencontre  le Président J.M. Dulin en vue de la préparation du colloque 2020 organisé par l’Académie de Mâcon.

 

19 novembre 2018 : Séminaire de gastronomie moléculaire

Organisé par Hervé This au Lycée Tirel, à Paris

 

Le 12 novembre 2018

Christiane Roederer est invitée à la rentrée solennelle de l’Académie des Sciences morales et politiques à l’Institut.

 

 

27 octobre à 17h30 à la librairie Kléber à Strasbourg
Où va l’Alsace ? : un livre de Bernard Reumaux, directeur des Editions La Nuée Bleue  et président de l’Académie d’Alsace.

Ce livre de poche réunit une quinzaine de « chroniques intemporelles » publiées sur le thème de l’identité et de l’avenir de l’Alsace.


Gérard Leser vient de faire paraitre trois nouveaux ouvrages:
Hauts lieux de légendes en Alsace, Éditions  Gisserot, 2018, avec Benoit Schlussel, Histoires,légendes et récits de Turckheim et alentours, société d'histoire et d'archéologie Wickram de Turckheim, 2018
Noël en Alsace, rites, coutumes et croyances, nouvelle édition revue et augmentée, Éditions Degorce, 2018

 

Du 23 octobre au 10 novembre 2018 à Paris
Roger Dale expose  à la Galerie Roy Sfeir (6 rue de Seine, 75006 Paris) et Galerie Samagra (52 rue Jacob, Paris).
www.galerieroysfeir.fr
www.galeriesamagra.com

 

30 octobre 2018, Strasbourg :

Débat organisé par la Fondation Branca, avec Hervé This et Bernard Reumaux.

 

30 octobre 2018, Strasbourg :

Déjeuner de la Bourse, dans le cadre l'Université populaire de la Krutenau, avec Hervé This.

 

22 octobre 2018

Séminaire de gastronomie moléculaire, Hervé This, Lycée Guillaume Tirel, Paris.

 

14 octobre 2018 :

Conférence de Hervé This à l'Ecole de chimie de Paris.

 

13 octobre 2018 :

Conférence de Hervé This à AgroParisTech, dans le cadre de la Fête de la Science

 

5 octobre 2018

La Conférence nationale des Académies, organisée par l'Académie d'Alsace, se poursuit : voir le direct (à gauche).

 

 

6 (14-18 h) et 7 octobre (10-18h) 2018 : Exposition de photos « Tutoyer le ciel » au Centre créatif et artistique Les Bateliers 3 rue Munch à Strasbourg.

Ces photos ont inspiré une partie des textes du livre éponyme de Jean-Michel Jeudy.

 

 

Du 22 septembre au 14 octobre
Exposition de Roger Dale à March-Buchheim.

Vernissage le 21 septembre à 19 h.

 

24 septembre, à Paris

Hervé This fait son séminaire de gastronomie moléculaire, à AgroParisTech (16 rue Claude Bernard, 75005, 16 h, entrée libre)

 

Du 5 au 20 octobre

19e édition du Festival La vallée des contes, présidé par Gérard Leser.

Détail dans notre page Activité des membres
www.valleedescontes.org

 

 

Vient de paraître :

Jean-Michel Jeudy, Tutoyer le ciel

Jean-Michel Jeudy a eu et a plusieurs vies, dont celle de restaurateur aux Etats-Unis. Sa vraie passion est l’écriture, la poésie. Douze ouvrages publiés en douze ans ! Son dernier opus, Tutoyer le ciel, déroule un ensemble de poèmes qui honorent la nature et la vie, captent les bonheurs et les éblouissements. L’ancien président de la Société des écrivains d’Alsace, membre de notre Académie, distille une philosophie de la paix et de la joie.

« Partir à l’aventure / Garder nos yeux de gamins / Délavés par les fous rires et les chagrins »  www.lesjeudy.net

 

Du 5 au 7 juin 2019 :

Hervé This organise le Neuvième Congrès international de gastronome moléculaire, à Paris.

 

7 juin 2019, Concours international de Cuisine note à note.

Organisé par Hervé This,

http://www2.agroparistech.fr/International-Contest-for-Note-by-Note-Cooking-No7.html

 

 

7 juillet 2018 :

A 20 h, à la salle multifonctions de Wildenstein, Jean-Marie Nick, pour une projection commentée sur le château fort du Hugstein et les autres châteaux des princes-abbés de Murbach,

Conférence tout public. Entrée gratuite.

 

15 juin 2018 :

Lors de la Nuit Alumni, Jean-Claude Gall a été nommé ambassadeur du réseau Alumni de l'Université de Strasbourg pour l'année 2018-2019.

 

 

Juin 2018 :

Jean-Michel Jeudy contribue au Glossaire des métiers du goût 

http://www2.agroparistech.fr/-Terminologie-des-techniques-et-arts-du-gout-.html

 

 

4 juin 2018 : distinction

Hervé This reçoit la Médaille d'Or de la Confédération nationale des charcutiers et charcutiers traiteurs

 

 

Juin 2018, parution d'un livre

Gabriel Braeuner, Au cœur de l’Europe Humaniste, le génie fécond de Sélestat, photographies de Dominique Pichard, préface de Georges Bischoff, Éditions du Tourneciel, Collection l’Esprit d’un lieu, 248p. (Parution juin).

 

 

Un colloque Vin et altérité à Mulhouse

En octobre 2018

 

Michel Faure contribue à l'organisation du colloque universitaire « Le vin de l’autre » les 18 et 19 octobre à Mulhouse: une analyse pluridisciplinaire du vin, jusque dans ses déplacements et ses errances, comme vecteur d’une identité régionale.

suite ici

 

 

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Académie des Sciences, Lettres et Arts d'Alsace