Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

Activités 2010
 

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Séance publique – 13 juin 2010 – CEEJA - Issenheim

Introduction à la séance par Christiane Roederer
Président de l’ASLAA


M. André Klein, directeur du Centre européen d’études japonaises, a bien voulu nous ouvrir les portes de sa prestigieuse maison, riche de 30000 ouvrages. Nous lui exprimons notre gratitude sans oublier Mme Staehly-Gomès pour son aide efficace pour l’organisation de cette rencontre.

M. Klein nous invite à un voyage immobile au Pays du Soleil Levant à la découverte d’une fascinante et millénaire civilisation et aux relations entre l’Alsace et le Japon.  

« Comme tout ce qui compte dans la vie,
 un beau voyage est une œuvre d’art »…
en guise d’invitation au voyage,  Jean-Paul Sorg, notre confrère, nous propose quelques uns de ses Haïku, cet art poétique très particulier.

Parole à Jean-Paul Sorg

Pour pénétrer plus avant dans ce Royaume de l’esthétique, il faudrait posséder un trousseau de clés multiples.
Nous en possédons 5 grâce à :
Michel Louyot, écrivain qui a longtemps résidé au Japon
Makiko, maître calligraphe
Marie-Jeanne Louyot, maître ikébana
Maître Nao, photographe
Raymond Claer, passionné par l’art du bonsaï

Nous regrettons que le temps nous soit compté tant nous aurions aimé assister à une cérémonie du thé, à un éblouissant spectacle de danse et de théâtre, à une démonstration des arts martiaux adoptés par l’Occident.
Mais il n’est pas l’heure d’exprimer des regrets.
L’heure est de nous réjouir de la présence des artistes à qui nous adressons notre gratitude.
Ils nous permettent de plonger « dans cet ailleurs » si nécessaire à notre inspiration.

Giono, notre poète provençal, nous assure :

« Ici c’est autre chose que loin, c’est ailleurs ».

 

L'Edito


Vulgarisation ?
Le mot rebute souvent. Mais la réalité émerveille.
Car telle est la fonction et l’honneur des professionnel

s de la transmission, qu’ils soient intellectuels ou artisans, chercheurs pointus ou enseignants de terrain, praticiens des arts et de la culture.
Et tel est le rôle le plus noble des académies ! Pas de cultiver l’entre-soi, mais de s’ouvrir aux autres, ceux de toutes les disciplines du savoir et de la création bien sûr, mais aussi, surtout, les publics les plus divers et les moins spécialisés.
Nous en avons eu une brillante démonstration par un grand esprit de la « république des lettres », Michel Zink, de passage dans la région à l’invitation de l’Académie d’Alsace, dont il est membre du Comité d’honneur. A Altkirch le 6 avril, à Strasbourg le 8, tous ont été conquis par l’érudition et le charme du membre fraîchement élu de l’Académie française, du secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, du professeur honoraire du Collège de France, du grand spécialiste des littératures françaises du Moyen Age, capable de déclamer pendant des heures des poèmes de troubadours en langue originale…
Michel Zink a fait un éloge de la vulgarisation, de la nécessité de trouver des formes adaptées pour toucher, cultiver, séduire des publics jugés a priori à distance. « Si la littérature médiévale devait rester uniquement affaire de spécialistes pointus, elle n’aurait aucune légitimité à être étudiée », dit-il. Cette recherche érudite doit venir enrichir le goût du public pour le Moyen Age, les châteaux en ruine, la chevalerie, elle doit montrer en quoi l’univers sensible de ce millénaire mal connu imprègne nos imaginaires et nous aide à nous définir dans la société, à préciser les notions de pouvoir, de conflits, d’amour.
Et cela marche ! Quatre cents personnes sont venues entendre Michel Zink.
Le fils du poète dialectal sundgauvien Georges Zink (sur la photo, il montre le livre de son père), devenu universitaire mondialement connu et auteur d’une vingtaine de livres soucieux de pédagogie, nous montre le chemin. Merci, cher prestigieux confrère !
Bernard Reumaux

 

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