Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

Monseigneur Joseph Doré

Joseph Doré, né au Grand-Auverné en Loire-Atlantique le 26 septembre 1936, est un prélat et théologien catholique français, membre de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, archevêque de Strasbourg de 1997 à 2006.

 

Biographie

Il fait ses études à Ancenis, et après avoir été appelé à servir dans la guerre d'Algérie, il entre au séminaire de Nantes.

Le 21 décembre 1961, il est ordonné prêtre pour le diocèse de Nantes.

L'année suivante, il est admis dans la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice. Après une année à l’Institut catholique de Paris, il part une année à Rome d’où il revient docteur en théologie.

À compter de cette époque, il suit régulièrement des cours en Allemagne, notamment ceux du professeur Joseph Ratzinger, le futur pape Benoît XVI.

Pendant six ans, de 1965 à 1971, il est directeur et professeur au grand séminaire de Nantes, où il enseigne la théologie fondamentale.

En 1971, il est nommé directeur au Séminaire des Carmes, séminaire de l’Institut catholique de Paris et devient professeur à la faculté de théologie du même institut dont il sera le doyen de 1988 à 1994. Il y enseigne la christologie et la théologie des religions, et favorise, durant son rectorat, la création de l’Institut des Arts sacrés devenu, depuis, Institut supérieur de théologie des arts.

Il est ensuite directeur du département de la recherche de l’Institut catholique de Paris de 1994 à 1997.

Depuis 1991, Joseph Doré est membre de l’Académie internationale des sciences religieuses à Bruxelles qu’il préside de 1993 à 1999.

De 1992 à 1997, il est membre de la Commission théologique internationale sous la présidence du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Joseph Ratzinger et, toujours au Vatican, il est membre du Commission historique et théologique du Grand Jubilé de l’an 2000 à partir de 1995.

Il est nommé archevêque de Strasbourg le 2 septembre 1997 et ordonné à la cathédrale de cette ville le 23 novembre 1997 des mains de Charles-Amarin Brand, d’Emile Marcus, archevêque de Toulouse, et de Walter Kasper évêque de Rottenburg-Stuttgart et futur cardinal et président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.

Il est membre de la commission doctrinale de la Conférence des évêques de France de 1997 à 2003 et, de 2004 à 2006 membre du conseil permanent de la même Conférence.

Il est consulteur puis membre du Conseil pontifical de la culture depuis 1988.

Mgr Joseph Doré démissionne pour raison de santé le 25 août 20061.

Il reste administrateur apostolique de l'archidiocèse de Strasbourg jusqu'au 21 avril 2007.

Il fait officiellement ses adieux au diocèse le 1er avril 2007.


Hommages et distinctions

    2009 :
        prix du Cardinal Grente pour l’ensemble de son œuvre
        prix Marcel Flach de l'Académie des sciences morales et politiques
    2011 : commandeur de la Légion d’honneur.
    2016 : commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres.

 

Publications
Directeur de collection

    Collection Jésus et Jésus Christ aux éditions Desclée de Brouwer.
    Collection La Grâce d’une cathédrale aux éditions La Nuée bleue / Place des Victoires.

 

Écrivain

    À cause de Jésus, Éditions Plon, Paris, 2011.
    Peut-on vraiment rester catholique ?, Éditions Bayard Culture, 2012.
    Pourquoi j’aime l’Alsace, Éditions de La Nuée bleue, 2014.
    (dir), Jésus. L'encyclopédie, Albin Michel, 2017, 845 p.

L'Edito

Une poétique de l'Alsace

Décédé en octobre dernier, le grand poète Claude Vigée aurait eu cent ans le 3 janvier. Etats-Unis, Israël, Paris, il a connu tous les horizons, mais était resté arrimé à l’Alsace par l’esprit, par l’âme, par la poésie, par le dialecte. Ses souvenirs de Bischwiller, racontés dans Le Panier de houblon, portent témoignage sensible des bouleversements et des permanences de la région.
I hab noch niemols mini Haimet verlon.
Niemols kumm i je bis anne.

(Jamais je n’ai quitté ma patrie.
Jamais je n’y parviendrai.)
Au moment où les deux conseils départementaux d’Alsace fusionnent, alors que l’institutionnel et l’opérationnel sont en première ligne, il importe de ne pas perdre de vue l’impalpable qui constitue l’essence même de l’identité alsacienne et que, nul mieux qu’eux, les poètes savent entretenir.
Sans verser dans l’identitarisme ou le séparatisme, connectée à l’universel, à la solidarité nationale et à la coopération européenne, la reconnaissance d’une entité « Alsace » inscrite dans le marbre (fragile…) des institutions nous réjouit et nous stimule. Car, à l’image des deux conseils départementaux aujourd’hui fusionnés, l’Académie d’Alsace prône et pratique depuis son origine, en 1952, la cohésion régionale, la complémentarité des territoires, des milieux et des réseaux. Il est peu de structures résolument régionales en Alsace, et encore moins de transdisciplinaires, mais tel est l’ADN originel de notre compagnie, plus précieux et utile que jamais.
Démonstration concrète en sera bientôt apportée : notre groupe de travail de dix académiciens va bientôt remettre officiellement au président de la Collectivité européenne d’Alsace son rapport « Réenchanter les châteaux forts d’Alsace », outil au service d’une politique castrale renforcée. L’imaginaire des ruines, plus largement les rêveries sur le temps englouti, les heurs et malheurs passés, sont constitutifs du regard des Alsaciens sur leur région, nourrissant cette poétique de l’Alsace chantée par Claude Vigée, sans laquelle ne peut se déployer le joyeux « désir d’Alsace »..

Bernard Reumaux

Président de l'Académie d'Alsace

 

Claude Vigée (Bischwiller, 1921-Paris, 2020)

 

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