Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

Le temps qui passe

De l'illusion du temps à sa perception selon l'âge

Daniel Guinier est expert honoraire, ancien expert près la Cour Pénale Internationale de La Haye. Chargé d'enseignement universitaire et conférencier.


Le concept de temps au travers des siècles

 

Dans la culture de l'ancienne Égypte, le concept de temps apparaît dans sa globalité. Il est représenté par deux formes complémentaires et dépendantes : le temps de l'éternité (la djet), qui traduit l'imprescriptibilité, et le temps cyclique (le neheh), qui rend compte du flux temporel. Ce dernier est issu de l’éternité et regagne la djet par intervalles. Il peut pour cela être vu comme une durée accomplie débouchant sur l’éternité, après la mort.

 

Les premiers penseurs grecs associent le temps au mouvement d'un tout.

Héraclite d'Éphèse (544-480 av. J.C.), affirme que, "parce que tout phénomène semble avoir une cause passée, et que, parce que nous nous souvenons du passé et non du futur, nous divisons le temps en passé, présent et avenir".

Zénon d'Élée (490-430 av. J.C.), en vertu du paradoxe de divisibilité du temps à l'infini, conclut à son inexistence.

Platon (428-347 av. J.C.), tout en préservant le caractère immobile de l'être, constate le caractère mobile du temps.

Aristote (384-322 av. J.C.), considère le temps comme une illusion, composé d'un passé qui n’est plus, d'un présent éphémère qui s'évanouit sans cesse, et d'un futur qui n’a pas encore d'existence.

Augustin d'Hippone (354 à 430), s'accorde sur le fait que, pour l’homme, "il y a trois temps, le présent du passé, le présent du futur et le présent du présent". Il s'interroge en ces termes sur la question du temps : "Qu’est-ce donc que le temps? Si personne ne m’interroge, je le sais; si je veux répondre à cette demande, je l’ignore. Et pourtant j’affirme hardiment que si rien ne passait, il n’y aurait point de temps passé; que si rien n’advenait, il n’y aurait point de temps à venir, et que si rien n’était, il n’y aurait point de temps présent. Or, ces deux temps, le passé et l’avenir, comment sont-ils, puisque le passé n’est plus, et que l’avenir n’est pas encore ?".

Pour Thomas d'Aquin (1225-1274), "le temps n'est rien ; car s'il était, il serait composé du passé et de l'avenir, le présent leur servant de lien et de limite. Or le passé n'est plus et l'avenir n'est pas encore, le présent étant indivisible et toujours changeant, il ne peut faire partie d'une chose existante et divisible comme est le temps. Celui-ci n'a donc jamais ni nulle part d'existence".

 

Sur ces fondements, et en parallèle, se développe un mouvement engageant certains aspects psychologiques et subjectifs de la perception.

René Descartes (1596-1650) fait la distinction entre la durée qui concerne la réalité des choses et le temps qui implique la pensée : "le temps, que nous distinguons de la durée prise en général, et que nous disons être le nombre du mouvement, n’est rien qu’une certaine façon dont nous pensons à cette durée, parce que nous ne concevons point que la durée des choses".

Emmanuel Kant (1724-1804), aborde le temps sous un angle qui vise la fonction qui lui est dévolue dans tout acte d'entendement, en précisant sa nature ontologique. Il considère le temps comme une illusion et s'interroge sur l'existence des choses et des événements qui apparaissent, et sur la signification de l'être. Il introduit l'espace comme un concept cohérent, une forme a priori de notre sensibilité associée à une forme d'intuition pure, tout comme le temps. Espace et temps n'existent pas réellement, mais relèvent de l'esprit et de notre faculté de connaissance, au travers de la représentation de phénomènes et non d'une simple vision de la réalité des choses.

Martin Heidegger (1889-1976) préserve la concordance du concept de temps en trois dimensions que l'on connait : présent, passé, futur. Il en modifie cependant la perspective en mettant l'accent sur la durée et la temporalité, en considérant que l'interprétation classique de la nature du temps est trop superficielle et masque un phénomène autant complexe que mystérieux. En déclarant : "Je ne puis nommer l'être sans avoir déjà nommé le temps", il propose une approche plus difficile à cerner qui distingue le Temporel, le temps historique traditionnel, du Temporal, le temps de l'être, -tandis qu'en Allemand il est distingué Zeitlichkeit, pour temporalité, et Temporalität, pour le temps-, jugée nécessaire à la constitution de l'expérience humaine.

Albert Einstein (1879-1955) écrivait, un mois avant son décès : "Pour nous, physiciens dans l’âme, la distinction entre passé, présent et futur ne garde que la valeur d’une illusion, si tenace soit-elle". Une telle illusion avait aussi été exprimée par Kant. Avec la relativité générale, l’espace classique newtonien disparaît, remplacé par un espace-temps déformé en permanence par la présence de masses et d’énergie.

Si, en 1922, lors de la venue d'Einstein à Paris, il était ressenti que la théorie d’Einstein proposait une explication alternative à l’existence du temps, tandis que les journaux titraient : "Einstein à Paris. Le temps n’existe pas", Marcel Proust (1871-1922), dont l'œuvre principale intitulée À la recherche du temps perdu, est une réflexion sur le temps et la mémoire affective, développait une vision où le temps est immobile et s'ajoute à l'espace comme une nouvelle dimension, inspiré en cela de la notion relativiste d'espace-temps d'Einstein, pour lequel il avait une grande estime [2].

 

 

La définition du temps aujourd'hui

 

Aujourd’hui, probablement faute d'avoir développé un bon niveau de culture scientifique, alors que la physique est devenue luxuriante et plus complexe, on ne parle plus du temps comme d'une illusion. Tel défini dans le dictionnaire, il est "une notion fondamentale conçue comme un milieu infini dans lequel se succèdent les événements", ou encore "un mouvement ininterrompu par lequel le présent devient le passé, considéré souvent comme une force agissant sur le monde, sur les êtres". On retrouve alors le temps historique découpé en périodes successives : le passé, sur lequel on ne peut intervenir, constitué des configurations successives, le futur, représenté par des configurations possibles qui n'existent pas encore ou qui pourraient se reproduire, et le présent, qui assure la jonction entre l'avenir et le passé. Intrinsèquement, le temps est un instant présent sans durée. Cela indique la coexistence d'une permanence et d'un changement. En conséquence, il n'existe pas de mesure de temps mais de durée entre deux événements ou encore d'un mouvement, ou de l'évolution d'un phénomène.

Il est ainsi affirmé que "le temps ne passe pas", puisque nous ne quittons un instant présent que pour en retrouver un autre. D'une façon paradoxale et acceptable, il pourrait aussi être dit que "le temps passe", et même qu'il semble passer plus ou moins vite. Cette perception n’est pas liée au temps qui s'écoule qui n'est qu'une illusion, mais au fait que chaque instant présent ne cesse de se succéder à lui-même pour représenter une réalité qui évolue à la cadence des événements.

 

La perception du temps qui passe au fil de la vie

 

Jules Romains (1885-1972), dans Les hommes de bonne volonté, en fait ainsi mention : "Le temps passe. Et chaque fois qu'il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s'efface", s'accordant avec les trois moments du temps et la réalité qui passe, avec quelque chose qui s'efface. Le temps lui-même est toujours présent mais continuellement occupé à disparaître, pour faire passer la réalité en quittant l'instant présent pour un autre, différent. C'est ce particularisme qui lui confère la qualité paradoxale d'être ouvertement instantané et éternel. Si d'une façon subjective le temps semble pour certains passer plus vite avec l'avancée de l'âge, ce n'est donc pas dû à une accélération, pas plus qu'à une diminution de la capacité à évaluer l'écoulement des jours. Il s'agit ici de statuer sur la réalité objective de ce phénomène et de tenter de l'expliquer.

Bien que les croyances soient largement répandues, les résultats empiriques obtenus de différentes sources sont controversés. Une étude menée par M.A.  Wallach et L. R. Green en 1961 sur l'âge et la vitesse subjective du temps indique que "la vitesse subjective du temps est plus directement influencée par la valeur du temps que par le niveau d'activité d'une personne".

Une autre, publiée en 2005 par M. Wittman et S. Lehnhoff, montre que si les résultats soutiennent généralement la perception selon laquelle le passage du temps s'accélère avec l'âge, en revanche l'interprétation est à traiter avec prudence au vu des limites méthodologiques. Celle conduite en 2010 par W. J. Friedman et S. M. J. Janssen indique qu'à tout âge le temps semble passer rapidement et que les différences de vitesse ressentie de son écoulement sont peu marquées entre les âges, à l'exception toutefois de celui des dix dernières années.

Les différences constatées autant que les réserves formulées ne permettent pas encore d'apporter de preuve objective selon laquelle le passage du temps accélère avec l'âge. Cela  découle de la méthodologie, avec d'une part, l'usage de données subjectives, et, d'autre part, le recours à des méthodes statistiques soumises à des facteurs exogènes individuellement non exprimés ou non pris en compte [1], mais dont le poids est suffisant pour conduire à des résultats indécis voire antagonistes. S'agissant de perception, il est naturel de se tourner vers les sciences cognitives, et notamment les neurosciences, pour disposer d'éléments objectifs observables.

Il est montré en 2007, par J. R. Andrews-Hanna et al. qu'il existe un déclin cognitif normal et inexorable lié au vieillissement. Il se caractérise par des réductions marquées résultant d'un dérèglement dans la coordination de différents systèmes cérébraux. Le vieillissement cellulaire affecte les neurones et les axones et conduit au ralentissement du traitement des informations. De plus, la mémoire de travail qui traite les informations à court terme est moins performante et les mécanismes en place perdent en efficacité. Pour compenser il s'avère utile d’entraîner la mémoire avec des activités intellectuelles stimulantes, mais aussi de favoriser les interactions sociales.

En 2019, A. Bejan, s'appuyant sur la littérature scientifique, apporte une réponse physique sur ce décalage de perception. Selon lui, l’expérience du temps qui passe dépend des changements perçus dans les stimuli mentaux. Cette discordance, qui détermine que "le temps de l’horloge mesurable n’est pas le même que le temps perçu par l’esprit humain", serait due au cerveau qui met de plus en plus de temps à obtenir et traiter des images, à mesure du vieillissement. Il établit son explication sur le fait que les réseaux nerveux et neuronaux s'étendent et se complexifient, du fait de la plasticité cérébrale et à mesure de l'avancée de la vie, ce qui allonge les trajets. De plus, les circuits se dégradent, augmentant la résistance de la circulation des signaux transmettant les messages nerveux par potentiel d'action électrique. Ainsi "le présent est différent du passé parce que la vision mentale a changé, et non parce qu'une horloge sonne" et "l’esprit ressent le changement du temps lorsque l’image perçue change".

Le temps représente alors les changements perçus dans des stimuli, tels que des images lorsque les entrées visuelles atteignent le cortex. La distance parcourue jusqu'au cortex s'étire à mesure que le cerveau se développe et que la complexité des chemins s'accroît, tandis que ces derniers se dégradent avec l'âge. Le point clé est que le temps physique requis pour l'apparition d'une image augmente de manière normale au cours de la vie, tandis que la fréquence des images mentales diminue de façon régulière, mais non constante. Cette tendance implique que la plupart des images mentales enregistrées relèvent en majorité d'une période de la jeunesse, et que la vitesse d'écoulement du temps est perçue en augmentation tout au long de la vie. Autrement-dit, l'impression célèbre que le temps passe plus vite avec l'âge est fondée.

 

 

La perception du temps à tout âge selon les circonstances

 

Après s'être penché sur la réalité de la perception d’accélération du temps au fil de la vie, il semble qu'à tout âge, le temps ressenti paraisse se dilater ou se contracter.

Les périodes de confinement et d'isolement social sont en mesure de provoquer une perte de la notion de temps. Cela peut s'expliquer par l'éloignement des routines horaires, l'absence des rituels quotidiens, et le changement radical dans l'organisation qui s'impose. Alors même que les jours s'égrènent de façon monotone, du lundi au dimanche, et que les semaines se suivent sans réellement marquer de pause, la conscience du temps qui file devient floue et ce n'est plus l'emploi du temps mais l’activité qui guide l'existence, basée sur une instance différente de la semaine usuelle.

Dans le cas des dispositions administratives imposées dans la période de Covid-19, le début de la pandémie se voit situé plus lointain qu'en réalité pour certains et plus proche pour d'autres, en fonction du niveau d'activité et des stimuli. De plus, les émotions, positives ou négatives, spécifiquement l'angoisse et la peur, jouent un rôle perturbateur, mettant en jeu des neurotransmetteurs qui sont libérés par les neurones [3].

Tout cela entraîne des ressentis différents voire opposés sur la perception à tout âge du temps, lequel semble passer plus ou moins vite ou lentement, en fonction de la sensibilité personnelle, de l'occupation, et des circonstances, avec aussi plus d'acuité en situation de privation de liberté, d'enfermement ou d'emprisonnement.

 

 

 

Bibliographie

 

Andrews-Hanna J. R. et al. (2007) Disruption of large-scale brain systems in advanced aging. Neuron. vol. 56, n°5, pp. 924-935.
Bejan A. (2019) Why the days seem shorter as we get older. European Review, vol. 27, n°2, pp. 187–194.
Descartes R. (1647)  Les Principes de la philosophie - Des principes de la connaissance humaine, AT IX, ii, 25 – I 57.
Friedman W.J., Janssen S.M.J. (2010) Aging and the speed of time. Acta Psychol., vol. 134, n°2, pp. 130-141.
Heidegger M. (1982)  Interprétation phénoménologique de la Critique de la raison pure, Gallimard, Paris, coll. Bibliothèque de Philosophie, 393 p.
d’Hippone A.  : Confessions, traduction par M. Moreau (1864), Livre XI, Ch. XIV, p. 187.
Kant E. (1781)  La Critique de la raison pure (Kritik der reinen Vernunft), traduction française de 1905, BNF, 714 p.
Pingeot M. (2016)  Temps et subjectivité chez Descartes - Identité et mémoire(s). Thèse de philosophie, Université de Paris VIII, 539 p.
Sertillanges A. G. (1955) La philosophie de Saint Thomas d'Aquin, Aubier, tome II, p. 41.
Servajean F. (2007) Djet et Neheh. Une histoire du temps égyptien. Coll. Orientalia Monspeliensia, nº 18, Université de Montpellier 3, 146 p.
Wallach M.A., Green L.R. (1961)  On age and the subjective speed of time. J. of Gerontology, vol.16, n°1, pp. 71–74.
Wittman M., Lehnhoff S. (2005) Age effects in perception of time. Psychological Reports, vol. 97, n°3, pp. 921-935.

 

 

Notes

 

[1] Ces facteurs relèvent notamment du niveau d'activité avec le sentiment de peur de manquer de temps pour accomplir tout ce qui doit l’être, contrairement à la routine et à l'habitude, avec une perte d'attention au temps. A ceci s'ajoutent des événements marquants qui s’espacent de plus en plus à mesure de l'avancée en âge, en même temps que la diminution implacable du rapport de la durée de vie restante sur celle de la totalité de l'existence.

 

[2] "Si du moins il m'était laissé assez de temps pour accomplir mon œuvre, je ne manquerais pas de la marquer au sceau de ce Temps dont l'idée s'imposait à moi avec tant de force aujourd'hui, et j'y décrirais les hommes comme occupant une place autrement considérable que celle si restreinte qui leur est réservée dans l'espace, une place, au contraire, prolongée sans mesure - puisqu'ils touchent simultanément, comme des géants, plongés dans les années, à des époques si distantes entre lesquelles tant de jours sont venus se placer - dans le Temps".

 

[3] Les neurotransmetteurs sont des molécules biochimiques mises en jeu par le système nerveux pour la transmission de l'influx nerveux. Lors d'un stimulus, un neurotransmetteur est produit à la partie terminale d'un neurone et se fixe à un récepteur spécifique sur un autre neurone, ou une toute autre cellule-cible, entraînant une réponse par l'interaction avec ce récepteur. Selon la nature du neurotransmetteur, la réponse aura un potentiel inhibiteur ou excitateur. Les neurotransmetteurs activés sont en lien avec les émotions ressenties, soit négatives : ennui, angoisse, stress, peur, etc., soit positives : plaisir, joie, attention, confiance, etc., et affectent les comportements ou les impressions. Par exemple, la dopamine, diversement impliquée, renforce les actions bénéfiques provoquant la sensation de plaisir et, par conséquent, l'altération de la perception du temps qui paraîtra passer plus vite dans le cas d'une occupation agréable, contrairement à une situation d'ennui.

 

L'Edito

Rentrée

 

Elle fut « solennelle » certes, la rentrée de l’Académie d’Alsace, samedi 25 septembre au musée Unterlinden de Colmar, réactivant la vieille tradition des « rentrées solennelles » à Colmar, chères à nos fondateurs. Mais elle fut surtout conviviale. Et tonique.
Une cinquantaine de membres étaient présents, dont une quinzaine de nouveaux entrants (quelle belle diversité de profils, d’âge, de qualités !).

Ce fut l’occasion des premiers échanges en présentiel depuis dix-huit mois. Evocation de projets dans deux directions : relancer l’une ou l’autre Agora, après le succès de celle consacrée aux châteaux forts d’Alsace ; et multiplier les petites réunions sur le territoire alsacien pour nouer des liens entre membres, décliner nos atouts interdisciplinaires, « faire compagnie ».
Le prix Maurice-Betz été remis ce jour-là en présence du maire de Colmar, Eric Straumann, à la traductrice Claire de Oliveira qui, avec notre confrère Jean-Marie Valentin, a éclairé la belle figure de ce Colmarien de Paris (1898-1946), « médiateur entre deux cultures ».
Ce fut l’occasion de rappeler que l’Académie d’Alsace a décerné, début août à Sélestat, son prix Beatus-Rhenanus à Hildegard Neulen-Hüttemann, saluant ses engagements dans les échanges culturels et scolaires franco-allemands. Et le 17 septembre, ce furent trois prix Jeune Talent – au lieu d’un seul les années précédentes – qui furent attribués à des diplômés de la Haute école des arts du Rhin (Strasbourg et Mulhouse).
Ces trois prix – Maurice-Betz, Beatus-Rhenanus, Jeune Talent – ont connu une spécialisation et une montée en puissance grâce à des partenariats nouveaux, venant de, respectivement, la Ville de Sélestat, la Ville de Colmar et le mécène Lafayette Patrimoine Finance.


Une Académie utile, enracinée, connectée à son environnement : voilà la feuille de route pour les saisons à venir, en adaptation pragmatique au contexte général.


Bernard Reumaux
Président de l’Académie d’Alsace

 

Invitation à l’Agora du 19 novembre 2019

 

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