Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

Retour sur les Agoras Châteaux-forts

11 février à Sélestat
Agora « Réenchanter les châteaux » :
un fort désir de mieux travailler ensemble

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La deuxième réunion de l’Agora "Réenchanter les Châteaux d’Alsace" a eu lieu le 11 février 2020 à la Bibliothèque humaniste de Sélestat.

Son objet était double :

1. restituer les questionnements issus des auditions

2. et faire le point sur le projet artistique Les portes du temps initié par les deux conseils départementaux et animé par l’artiste John Howe, qui était présent ce soir-là.


Deux conseillères départementales étaient présentes, Nathalie Ernst (Bas-Rhin) et Bernadette Groff (Haut-Rhin), avec Olivier Mérot, directeur de la Mission Culture et Tourisme du Bas Rhin.

 

Bernard Reumaux, président de l’Académie d’Alsace, modérateur, a présenté les membres de la Commission scientifique de l’Académie d’Alsace engagés sur ce projet : Anne Mistler, Marc Grodwohl, Georges Bischoff, Nicolas Mengus et Gabriel Braeuner. Jean-Marie Nick était excusé.


Une soixantaine de personnes représentaient la mosaïque castrale.

 

 

Les questionnements issus des auditions
     Identifier des outils (existants, à renforcer ? ou à créer ?) pour aider les associations dans l’accompagnement des projets.
     Comment dépasser certaines incompréhensions, améliorer la connaissance réciproque, les collaborations ?
     Organiser la filière ? Audit de l’existant, pistes et hypothèses. Faut-il une stratégie d’ensemble ?
     Quel équilibre entre préservation des sites et communication/rayonnement ?
     Nourrir de « nouveaux imaginaires » connectés au réel historique et légendaire local et en prise avec les nouveaux outils culturels et de communication.

 

L’échange avec la salle, dont le contenu était assez proche de la rencontre précédente, a mis l’accent sur le remarquable atout dont dispose l’Alsace depuis plus de 150 ans dans la recherche sur les châteaux forts. Une occasion de rendre hommage à l’un des serviteurs fidèles de la cause, Bernard Haegel, membre fondateur du Centre de Recherches archéologiques médiévales de Saverne qui vient de disparaître.


Préoccupation partagée par la plupart des associations qui ont répondu au questionnaire : la difficulté, pour les bénévoles, de passer de l’activité de restauration à celle d’animation. La transition est difficile par manque de temps, à cause des conditions climatiques et plus généralement du vieillissement de ceux qui sont sur le terrain.


Un désir fort de formation des bénévoles a été exprimé de même qu’une revalorisation du rôle de l’architecte du patrimoine. Si la plupart des acteurs souffrent du poids des contraintes législatives, réglementaires et administratives, ils s’accordent à reconnaitre que tout chantier passe d’abord par une parfaite connaissance des lieux, d’où l’importante accordée à l’archéologie préventive. Si la législation est lourde, elle est également légitime, car nous sommes en présence d’un patrimoine non renouvelable. Dans ce domaine comme dans celui de la formation, Archéologie Alsace pourrait (devrait ?) jouer un rôle déterminant.


L’inquiétude face à l’érosion du bénévolat et au vieillissement de ceux qui continuent à s’engager a été souligné à maintes reprises. Une des priorités, selon une jeune intervenante, devrait justement se situer dans cette recherche et formation de jeunes, appelés à prendre la relève. Il y a là une vraie urgence. La création de chantiers de fouilles-écoles à destination des bénévoles et des étudiants pourrait être une piste intéressante

 

Plus globalement, le désir de mieux travailler ensemble a été rappelé, sinon martelé. Il faut continuer à « jouer collectif ». Comme on a su le faire pour la réalisation des chemins des châteaux forts d’Alsace avec le club Vosgien. Faire connaitre les châteaux, ne pas négliger les « anecdotiques », continuer à faire rêver, insister sur leur histoire comme sur leur légendaire, car ils appartiennent tous à notre cartographie mentale. Nous nous les approprions depuis longtemps sans toujours les connaitre. Nous avons tous une relation personnelle avec certains d’entre eux. Raison de plus de se mobiliser pour la cause de la mosaïque castrale et de s’étonner quelque peu de la baisse des lignes budgétaires pour les animations proposées par les associations dans le département du Bas-Rhin.


Qui doit assurer le rôle de coordonnateur, qui peut être le lien entre les différents acteurs ? A notre grande surprise - mais est-ce vraiment une surprise ? une attente forte à l’égard de l’Académie d’Alsace a été exprimée. Son indépendance et l’expertise d’une partie de ses membres plaide incontestablement en sa faveur.

 

 

Point d’étape sur le projet Les Portes du temps
Olivier Mérot et John Howe ont présenté les étapes du projet appelé à une montée en puissance progressive. On se penchera successivement sur le travail des veilleurs, l’architecture des châteaux, leur histoire et légendaire et les actions de valorisation.


John Howe n’entend pas brûler les étapes. Il se réjouit de rencontrer, dans un premier temps, les acteurs de la mosaïque castrale et insiste sur un projet de mise en valeur adapté aux réalités et possibilités des châteaux. Pour cette première année, sont prévus des manifestations d’été dans quelques châteaux emblématiques, un mapping et une immersion sonore dans quelques établissements en cours de recensement.


Lors de l’Agora, un appel est lancé à tous les acteurs qui souhaitent rencontrer John Howe qui « cherche à faire du contenu, constituer un fonds, faire matière » afin de proposer à moyen terme des web.doc et autres documentaires sur les sites retenus.

Les deux chantiers, celui suscité par l’Académie et celui des conseils départementaux, apparaissent complémentaires. La présence de John Howe, son ouverture et son attente à l’égard des acteurs de la mosaïque castrale le laisse penser. Le discours politique ne fait cependant pas mystère de l’objet de l’opération Porte du temps, contribution culturelle essentielle à ses yeux, destinée à intégrer et à valoriser la future Collectivité européenne d’Alsace. Les attentes et les priorités divergent entre les uns et les autres. Le temps castral décidément n’est pas tout à fait le même que le temps politique.


Gabriel Braeuner

 

 

 

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L'Edito

Être prêts
Comme tant d’acteurs de la société civile, du monde culturel et associatif, nous attendions beaucoup de cette rentrée, imaginée comme un retour à nos activités normales, aux initiatives qui tissent le maillage de la cité et assurent ses équilibres.

Il nous a fallu déchanter. Et annuler une bonne partie du programme de septembre : deux réunions de travail entre membres sur la relance de nos Agoras après six mois d’interruption contrainte et la rentrée solennelle de l’Académie d’Alsace à Colmar.

Il s’agissait de réactiver une ancienne tradition académique, suspendue depuis des années : la Ville de Colmar et le musée Unterlinden nous auraient accueilli avec faste et nous aurions fêté avec joie la lauréate du Prix Maurice-Betz 2020, la traductrice Claire de Oliveira, attendue de Berlin.
Petite consolation, la remise du Prix de la Décapole 2020 à Claude Woehrle (lire ci-contre et dans la rubrique Actualités) a permis de partager un moment de convivialité, en petit comité, grâce à l’accueil du maire de Turckheim. Plusieurs nouveaux membres étaient présents, aux côtés des anciens de l’Académie. L’attente d’un redémarrage puissant est unanime. Nous allons prendre quelques initiatives, adaptées aux exigences sanitaires du moment. Car il s’agir d’être prêts.

A l’heure des grandes interrogations, à la veille aussi de la constitution de la Collectivité européenne d’Alsace, l’Académie d’Alsace a une place, modeste mais bien réelle, utile, à prendre dans l’espace public de la région.

L’épidémie du COVID a frappé durement l’Alsace en ce début d’année 2020. Notre Académie, reflet à bien des égards des heurs et malheurs de la région, a enregistré la disparition de trois de ses membres : deux historiens prestigieux, membres de notre comité d’honneur, les professeurs Francis Rapp et Marcel Thomann, l’artiste peintre Ernest Meichler.

Une chaîne d’engagements et de fidélités fonde la légitimité de notre académie, ainsi qu’en témoigne l’entrée de 25 nouveaux membres, signifiant le renouvellement progressif et constant de notre assemblée, l’apport de sensibilités, d’expériences, de propositions qui viennent enrichir le travail commun.

C’est la plus importante entrée de nouveaux membres en notre sein, nous en préparons d’autres, car les enjeux de notre région – rebattus par la crise sanitaire et les bouleversements économiques et sociaux qu’elle induit – appellent une Académie d’Alsace puissante, dynamique, bien répartie sur le territoire et dans ses trois sections : Sciences, Culture et Société. Une attention particulière a été portée à la poursuite de notre féminisation et au rajeunissement.

Nous travaillons cet été à préparer une rentrée dynamique, en relançant notre grand projet des AGORAS, plus que jamais attentifs à notre environnement et conscients de notre utilité collective au service de l’Alsace. A très bientôt donc !


Bernard Reumaux

Président de l'Académie d'Alsace

 

Réunion de préparation des Agoras, Strasbourg, 17 septembre 2019

 

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