Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

Jean-Michel Boehler

Universitaire, historien

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Section

Sciences de la nature, de l'humain et de la société

 

 

Situation professionnelle actuelle (coordonnées, responsabilités)

Président de la Société savante d’Alsace ainsi que de la Société académique du Bas-Rhin, cheville ouvrière de l’édition scientifique dans la région (depuis 1992), président la Société d’histoire et d’archéologie de Dambach-Barr-Obernai (à partir de 2000), il siège dans un grand nombre d’instances officielles ou associatives, notamment dans le comité de la Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie d’Alsace, dans le comité de rédaction de la Revue d’Alsace et au sein de l’Académie d’Alsace.

 

Parcours professionnel

Fils d’Ernest Boehler (1898- 1969), cadre bancaire puis agriculteur, maire de Kuttolsheim, et d’Annette Wimmer, institutrice. ∞ 13.7.1966 à Obernai Marie-Antoinette Koerner, professeur, fille de Joseph Koerner, directeur d’école, et de Lucie Weber ; 2 enfants. Issu d’une famille paysanne enracinée à Kuttolsheim, dans le Kochersberg, depuis le XVIIe siècle, J.-M. Boehler reçut sa formation d’historien à la Faculté des Lettres de l’Université de Strasbourg ; il y soutint en 1973 sa thèse de IIIe cycle sur le Kochersberg de la guerre de Trente ans au XIXe siècle, puis sa thèse de doctorat d’État, Une société rurale en milieu rhénan : la paysannerie de la plaine d’Alsace (1648-1789) en 1993, l’une et l’autre sous la direction du doyen Georges Livet.

Sa carrière d’enseignant l’a conduit, d’abord dans le secondaire, à Obernai (1963-1966) et Haguenau (1966-1971), puis à l’École militaire de Strasbourg, parallèlement au Centre de formation des maîtres de l’Académie (1971-1976).

Chargé de cours à l’Université des Sciences humaines en 1975, il y exerça successivement les fonctions d’assistant (1976), de maître de conférences (1985) puis de professeur (1997). Directeur de l’Institut d’histoire moderne (à partir de 1998) et responsable de l’équipe d’accueil en Sciences historiques et, à ce titre, chargé de coordonner les recherches du Moyen Age à l’époque contemporaine et de diriger une collection publiée par les Presses universitaires de Strasbourg. Ruraliste de renom international, œuvrant dans les perspectives ouvertes par Marc Bloch et ses continuateurs et dans l’esprit insufflé par le doyen G. Livet, J.-M. Boehler renouvela puissamment l’histoire des campagnes d’Ancien Régime à travers l’exemple alsacien dont il est l’ambassadeur auprès de l’Association d’Histoire des Sociétés rurales et du comité de rédaction de la revue Histoire et Sociétés rurales.

 

Distinctions

Ses publications et ses fonctions lui valurent le prix de la Décapole de l’Académie d’Alsace (1994), le prix Jacques Flach de l’Académie française (2003) et le grade de chevalier des Arts et Lettres (2004).


Livres

Ouvrages : Le Kochersberg, histoire et paysages (avec J. Burnouf et J. Callot), Strasbourg, 1980 ; Histoire de l’Alsace rurale (avec D. Lerch et J. Vogt), Strasbourg, 1983 ; Une société rurale en milieu rhénan : la paysannerie de la plaine d’Alsace (1648-1789), thèse publiée en 3 volumes, Strasbourg, 1994, 2e éd. 1995 ; L’agriculture en Europe occidentale à l’époque moderne (avec A. Antoine et Fr. Brumont), Paris, 2000 ; La terre, le ciel, les hommes: des réalités de ta plaine d’Alsace aux horizons européens, Strasbourg, 2004; participation au Dictionnaire européen des Lumières (dir. Michel Delon), Paris, 1997, et au Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne Strasbourg, 1986-2004. Auteur, à ce jour, de 65 articles et contributions.

L'Edito

Une poétique de l'Alsace

Décédé en octobre dernier, le grand poète Claude Vigée aurait eu cent ans le 3 janvier. Etats-Unis, Israël, Paris, il a connu tous les horizons, mais était resté arrimé à l’Alsace par l’esprit, par l’âme, par la poésie, par le dialecte. Ses souvenirs de Bischwiller, racontés dans Le Panier de houblon, portent témoignage sensible des bouleversements et des permanences de la région.
I hab noch niemols mini Haimet verlon.
Niemols kumm i je bis anne.

(Jamais je n’ai quitté ma patrie.
Jamais je n’y parviendrai.)
Au moment où les deux conseils départementaux d’Alsace fusionnent, alors que l’institutionnel et l’opérationnel sont en première ligne, il importe de ne pas perdre de vue l’impalpable qui constitue l’essence même de l’identité alsacienne et que, nul mieux qu’eux, les poètes savent entretenir.
Sans verser dans l’identitarisme ou le séparatisme, connectée à l’universel, à la solidarité nationale et à la coopération européenne, la reconnaissance d’une entité « Alsace » inscrite dans le marbre (fragile…) des institutions nous réjouit et nous stimule. Car, à l’image des deux conseils départementaux aujourd’hui fusionnés, l’Académie d’Alsace prône et pratique depuis son origine, en 1952, la cohésion régionale, la complémentarité des territoires, des milieux et des réseaux. Il est peu de structures résolument régionales en Alsace, et encore moins de transdisciplinaires, mais tel est l’ADN originel de notre compagnie, plus précieux et utile que jamais.
Démonstration concrète en sera bientôt apportée : notre groupe de travail de dix académiciens va bientôt remettre officiellement au président de la Collectivité européenne d’Alsace son rapport « Réenchanter les châteaux forts d’Alsace », outil au service d’une politique castrale renforcée. L’imaginaire des ruines, plus largement les rêveries sur le temps englouti, les heurs et malheurs passés, sont constitutifs du regard des Alsaciens sur leur région, nourrissant cette poétique de l’Alsace chantée par Claude Vigée, sans laquelle ne peut se déployer le joyeux « désir d’Alsace »..

Bernard Reumaux

Président de l'Académie d'Alsace

 

Claude Vigée (Bischwiller, 1921-Paris, 2020)

 

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