Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts
    Académie d’Alsace   des Sciences, Lettres et Arts  

Prix Maurice Betz

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Créé en 1957 par Madame Maurice Betz, en mémoire de son mari, traducteur, universitaire,
homme de lettres (1898-1946).
Suspendu, puis relancé en 1990. Décerné alors tous les ans jusqu’en 1996, puis tous les deux
ans à partir de 1998. A nouveau interrompu en 2017, pour réflexion sur sa suite.


Doté de 1.500 €. Remis au Salon du Livre de Colmar.

 

 

 

1957    Nelly STÉPHANE, pour ses livres Les chercheurs et Le pauvre diable (Gallimard)

 

1958    Alfred KERN, pour ses livres Le mystère de Sainte Dorothée, Le Clown (Gallimard) et l’ensemble de son œuvre

 

1959    Marcel HAEDRICH, pour ses livres Les Evangiles de la Vie (Laffont), Drames dans un miroir (Denoël) et l’ensemble de son œuvre

 

1960    Simone FABIEN, pour ses livres Tu seras un homme, Nous, les parents, Les mains ouvertes (Gallimard) et l’ensemble de son œuvre

 

1961    Bernard SCHMIDT, pour ses livres Le triomphe du Docteur Barbier, Phénix et l’ensemble de son œuvre

 

1962    Jacqueline AUDIBERT, pour ses livres Arabesques et Couleurs du temps

 

1964    Benjamin SUBAC-NOCTUEL, pour son œuvre radiophonique

 

1965    Renée MAUGER-KAUFFMANN, pour l’ensemble de son œuvre poétique

 

1967    Paul AHNNE, écrivain, critique d’art, conservateur du cabinet des estampes de Strasbourg, pour l’ensemble de son œuvre
 
1968    Marguerite THIÉBOLD, romancière jeunesse pour l’ensemble de son œuvre (une quarantaine d’ouvrages)

 

1969    Victor BEYER, inspecteur général des musées, pour son œuvre archéologique

 

1970    Guy HEITZ, écrivain, journaliste, pour son livre La chambre de Sigmund Krause

 

1971    Lucie RAUZIER-FONTAYNE, romancière jeunesse

 

1972    René ROHR, pour son livre Les cadrans solaires anciens d’Alsace

 

1973    Hubert d’ANDLAU, pour Le livre d’histoire d’une famille d’Alsace

 

1974    Roger KIEHL, pour l’ensemble de son œuvre de journaliste et de critique d’art

1975    Maurice PONS, romancier, pour l’ensemble de son immense œuvre, particulièrement les romans Les Saisons (Julliard) et Rosa (Denoël)

 

1976    François CHALAIS, journaliste et écrivain

 

1977    Marcel SCHNEIDER, écrivain, critique musical, président du Prix Médicis, pour l’ensemble de son œuvre (chez Grasset)

 

1978    André MONNIER-ZWINGELSTEIN, pour l’ensemble de son œuvre littéraire

 

1979    Patrice HOVALD, journaliste, poète, pour Toutes ces années…et André Malraux

 

1980    Suzanne BURKARD, pour son édition critique des Mémoires de la baronne d’Oberkirch (Mercure de France)

 

1982    David-André LANG, pour son livre Quand l’Alsace s’éveillait entre chien et loup (Fayard)

 

1983    Christiane ROEDERER, pour son roman Elsa Mann (Editions Universitaires-Paris / Desclée)

 

1985    Jean LEBEAU et Jean-Marie VALENTIN, maîtres d’œuvre de L’Alsace au siècle de la Réforme (Presse Universitaires de Nancy)

 

1986    Sylvie REFF, poète, écrivain, pour Cette fureur tranquille (Editions Rhénanes)

 

1987    Jean-Claude WALTER, homme de lettres

 

1988    Joseph-Paul SCHNEIDER, historien de l’art, Ecole européenne de Luxembourg

 

1989    Fernand SCHIERER, romancier, historien

 

1990    Freddy SARG, ethnologue, pasteur

 

1991    Raymond MATZEN, professeur de dialectologie à l’Université de Strasbourg

 

1992    Marguerite GABLE-SENNÉ, écrivain, poète

 

1993    Henri ULRICH, médecin, naturaliste, artiste

 

1994    Martin ALLHEILIG, homme de radio, homme de lettres
Pour l’ensemble de ses initiatives dans le domaine de la culture dialectale

 

1995    François-Joseph FUCHS, historien, archiviste

 

1996    Claude MULLER, historien
    
1998    Françoise SAUR, photographe, et Chloé HUNZINGER, écrivain
Pour leur livre Vosges, terres vivantes
    
2000    Marc LIENHARD, pasteur, théologien
Pour son livre Martin Luther, la passion de Dieu (Bayard)

 

2002    Pierre GANDELMAN, médecin, romancier (prix Femina du Premier Roman 1995)
    
2004    Vincent WACKENHEIM, Adrien FINCK, Raymond MATZEN, Maryse STAIBER, pour leur Anthologie de la littérature dialectale alsacienne, 4 volumes (Prat Editions)

 

2006    Robert STEEGMANN, historien
Pour son livre Struthof, le KZ-Natzweiler et ses kommandos, 1941-1945 (La Nuée Bleue)

 

2008    Antoine BECK (à titre posthume), pour son roman Le soulier lacé, la terre qui saigne et  Albert STRICKLER, poète, pour son livre Le voyage de l’arbre, avec Benjamin

 

2010    André CABARET, romancier, pour son livre Mille cent onze

 

2012    Michel WINTER, historien, romancier, pour son livre Le retable des ardents

 

2014    Gérard PFISTER, écrivain, poète, éditeur
Pour Le Livre des sources et l’ensemble de son œuvre et de son travail éditorial

 

2017    Jean-Marie VALENTIN, germaniste, universitaire (Sorbonne)
Pour son livre Le théâtre à Strasbourg de Brant à Voltaire (Klincksieck)

 

2020    Claire  DE  OLIVEIRA,  traductrice,  pour  la nouvelle traduction et  la  postface de La Montagne magique de Thomas Mann (Fayard, 2016), quatre-vingt-cinq ans après la première traduction de cette œuvre par Maurice Betz (Fayard, 1931)

 

 

 

L'Edito

Une poétique de l'Alsace

Décédé en octobre dernier, le grand poète Claude Vigée aurait eu cent ans le 3 janvier. Etats-Unis, Israël, Paris, il a connu tous les horizons, mais était resté arrimé à l’Alsace par l’esprit, par l’âme, par la poésie, par le dialecte. Ses souvenirs de Bischwiller, racontés dans Le Panier de houblon, portent témoignage sensible des bouleversements et des permanences de la région.
I hab noch niemols mini Haimet verlon.
Niemols kumm i je bis anne.

(Jamais je n’ai quitté ma patrie.
Jamais je n’y parviendrai.)
Au moment où les deux conseils départementaux d’Alsace fusionnent, alors que l’institutionnel et l’opérationnel sont en première ligne, il importe de ne pas perdre de vue l’impalpable qui constitue l’essence même de l’identité alsacienne et que, nul mieux qu’eux, les poètes savent entretenir.
Sans verser dans l’identitarisme ou le séparatisme, connectée à l’universel, à la solidarité nationale et à la coopération européenne, la reconnaissance d’une entité « Alsace » inscrite dans le marbre (fragile…) des institutions nous réjouit et nous stimule. Car, à l’image des deux conseils départementaux aujourd’hui fusionnés, l’Académie d’Alsace prône et pratique depuis son origine, en 1952, la cohésion régionale, la complémentarité des territoires, des milieux et des réseaux. Il est peu de structures résolument régionales en Alsace, et encore moins de transdisciplinaires, mais tel est l’ADN originel de notre compagnie, plus précieux et utile que jamais.
Démonstration concrète en sera bientôt apportée : notre groupe de travail de dix académiciens va bientôt remettre officiellement au président de la Collectivité européenne d’Alsace son rapport « Réenchanter les châteaux forts d’Alsace », outil au service d’une politique castrale renforcée. L’imaginaire des ruines, plus largement les rêveries sur le temps englouti, les heurs et malheurs passés, sont constitutifs du regard des Alsaciens sur leur région, nourrissant cette poétique de l’Alsace chantée par Claude Vigée, sans laquelle ne peut se déployer le joyeux « désir d’Alsace »..

Bernard Reumaux

Président de l'Académie d'Alsace

 

Claude Vigée (Bischwiller, 1921-Paris, 2020)

 

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